INSTITUT DE RADIOTHÉRAPIE ET DE RADIOCHIRURGIE

H. HARTMANN

1 mars 2023

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Carcinome canalaire infiltrant : diagnostic, traitements et prise en charge

Catégorie(s) : Cancer du sein
carcinome canalaire infiltrant prise en charge
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Le carcinome canalaire infiltrant est un type de cancer du sein invasif qui représente près de 75 % de tous les cancers du sein diagnostiqués chaque année.

Sa prise en charge peut être plus délicate que celle d’un cancer in situ et exiger des traitements plus agressifs, mais son pronostic demeure très positif, avec un taux de survie nette à 5 ans d’environ 80 %.

Malgré ces données encourageantes, le carcinome canalaire infiltrant ne doit pas être pris à la légère : chaque femme devrait se rapprocher de son médecin pour élaborer une stratégie de dépistage et de surveillance adaptée à son niveau de risque, et procéder régulièrement à une autopalpation des seins.

La surveillance est, en effet, un axe phare de la lutte contre le cancer du sein. Un carcinome canalaire est toujours mieux pris en charge quand il est diagnostiqué tôt.

Le carcinome canalaire infiltrant, qu’est-ce que c’est ?

 

carcinome canalaire infiltrant cancer du sein

 

Le carcinome canalaire infiltrant est un cancer du sein invasif, c’est-à-dire une tumeur maligne qui s’étend hors de son site de développement primitif et s’infiltre dans les tissus qui l’entourent.

Le cancer du sein est une lésion maligne qui naît d’une prolifération anarchique de certaines cellules. Celles-ci vont alors former une masse (tumeur), puis s’étendre, envahir les tissus voisins et, en l’absence de traitement, former des métastases susceptibles de coloniser n’importe quel organe du corps.

Il existe différents types de tumeurs mammaires, et le carcinome canalaire est – de loin – le plus fréquemment rencontré. Il s’agit d’une tumeur qui se développe à partir des cellules des canaux galactophores du sein.

Lorsque le cancer demeure localisé dans les tissus du canal galactophore où il s’est développé à l’origine, on parle de carcinome canalaire in situ. Lorsque la tumeur s’étend hors des tissus du canal, c’est un carcinome canalaire infiltrant.

 

Diagnostic du carcinome canalaire infiltrant

 

echographie mammaire diagnostic carcinome canalaire infiltrant 1

 

Le carcinome canalaire infiltrant est souvent diagnostiqué au cours d’une mammographie ou d’une échographie mammaire programmée dans le cadre d’une stratégie de dépistage ou réalisée dans le cadre d’une consultation motivée par des symptômes visibles constatés ou un examen d’autopalpation de la patiente.

La première étape du diagnostic repose sur un examen clinique et une anamnèse, qui précèdent toujours les examens d’imagerie médicale.

Lorsqu’un cancer du sein est suspecté, mais que la mammographie ou l’échographie mammaire ne permettent pas de localiser de lésion, d’autres types d’examens d’imagerie médicale peuvent être envisagés (scanner, IRM, etc.).

Dès lors qu’une anomalie est décelée à l’imagerie médicale, une biopsie mammaire sera pratiquée. Cet examen consiste à prélever des fragments de l’anomalie afin d’en examiner les cellules au microscope.

Cette analyse (l’examen anatomopathologique) consiste à évaluer l’anatomie des cellules afin d’établir leur potentiel malin et, le cas échéant, de déterminer le type de cancer décelé et de rechercher des caractéristiques permettant d’évaluer la réponse probable du cancer à différents traitements.

Aussi, l’étape du diagnostic du carcinome canalaire infiltrant est cruciale dans la prise en charge du cancer du sein, et ne se borne pas à identifier la maladie.

Elle vise à récolter de nombreuses informations qui permettront à une équipe médicale pluridisciplinaire d’élaborer un pronostic et un protocole de traitement personnalisés pour chaque patiente.

 

Traitements du carcinome canalaire infiltrant

 

traitement carcinome canalaire infiltrant radiotherapie

 

Le traitement d’un carcinome canalaire infiltrant est toujours personnalisé au regard du profil de chaque patiente, de ses souhaits et des caractéristiques de sa tumeur. Il est donc normal de voir un protocole de traitement fortement varier d’une patiente à une autre.

Dans la plupart des cas, la chirurgie oncologique demeure le traitement de première intention lorsqu’elle est réalisable. Cette intervention consiste à ôter chirurgicalement la tumeur cancéreuse, ainsi qu’une marge de tissus sains autour de cette dernière.

En fonction de multiples paramètres, dont l’agressivité du cancer, le profil de la patiente, le niveau de risque de récidive ou encore la réponse probable de la maladie aux traitements adjuvants, cette marge de tissus sains peut être plus ou moins importante, allant jusqu’au retrait du sein dans sa totalité (mastectomie).

Des traitements complémentaires sont couramment administrés en complément de la chirurgie oncologique.

Les traitements néoadjuvants, administrés avant l’opération, visent à faciliter l’intervention et/ou à réduire les risques d’une dissémination des cellules cancéreuses dans l’organisme durant cette dernière.

Les traitements adjuvants, administrés après la chirurgie, visent, quant à eux, à assurer une destruction complète de la tumeur afin de réduire les risques de voir survivre des cellules cancéreuses résiduelles pouvant engendrer une récidive.

La radiothérapie, la chimiothérapie et l’hormonothérapie font partie des traitements les plus fréquemment associés à l’ablation chirurgicale du carcinome canalaire infiltrant. D’autres types de traitements, comme les thérapies ciblées ou l’immunothérapie, peuvent aussi être indiqués.

Le carcinome canalaire infiltrant est typiquement plus préoccupant que la forme in situ de cette maladie, mais il se soigne désormais avec succès chez bien des patientes.

Bien que l’annonce de cette maladie puisse être anxiogène, il demeure essentiel de ne pas baisser les bras. De nombreuses options de traitements existent, et leur efficacité grandit au rythme des progrès de la médecine oncologique.

 

Dr Scher Nathaniel

Dr Nathaniel SCHER est spécialisé en oncologie et radiothérapie, il est attaché de recherche au sein de l’institut de radiothérapie Hartmann depuis 2017 ou il coordonne plusieurs projets de recherche clinique.

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