14 octobre 2021

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Le taux de PSA et son impact sur le cancer de la prostate

Catégorie(s) : cancer de la prostate
Taux de PSA et cancer de la prostate
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Le taux de PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) est fréquemment évalué dans le cadre de la prise en charge d’un cancer de la prostate, que ce soit lors du diagnostic ou, plus tard, lors du suivi. De fait, le taux de PSA est sensible à tout changement survenant au niveau de la prostate. Lorsqu’une tumeur cancéreuse se développe à partir de cet organe, elle est donc susceptible de faire varier le taux de PSA. Toutefois, les troubles à l’origine d’une variation du taux de PSA dans le sang ne sont pas systématiquement cancéreux.

 

Le taux de PSA, qu’est-ce que c’est ?

Le taux de PSA correspond à la teneur en Antigène Prostatique Spécifique (PSA) dans le sang. Sa mesure est exprimée en nanogramme par millilitre de sang. Le PSA est une protéine produite par les cellules de la prostate pour fluidifier le liquide séminal et favoriser la mobilité des gamètes.

En temps normal, une petite quantité de PSA est en permanence présente dans le sang, à moins de 4 nanogrammes par millilitre. Il varie toutefois en fonction de multiples facteurs, et tend notamment à augmenter avec l’âge. Lorsque cette valeur augmente, on peut suspecter une multiplication anormale des cellules produisant le PSA, et, de fait, la présence d’une tumeur bénigne ou maligne de la prostate. Il convient toutefois de noter que le taux de PSA n’est pas utilisé dans le cadre du dépistage du cancer de la prostate, bien qu’il puisse être proposé aux patients à risque.

Pour cause, de nombreuses pathologies peuvent provoquer une augmentation du taux de PSA (par exemple une rétention d’urine ou une infection urinaire), ce qui induit la survenue de nombreux faux positifs. Il n’est donc pas considéré comme un outil de dépistage fiable. Un taux de PSA élevé mérite cependant des investigations plus poussées (toucher rectal, biopsies, IRM prostatique) qui peuvent, elles, mettre en évidence la présence d’un cancer.

Lire aussi notre article sur le Cancer de la prostate récidivant : les bénéfices de la radiothérapie stéréotaxique par CyberKnife

Lien entre le taux de PSA et le cancer de la prostate

La relation entre le cancer de la prostate et le taux de PSA est corrélée au processus de développement et de formation des tumeurs malignes. Les tumeurs malignes, ou cancéreuses, sont des masses qui se forment à partir de cellules naturellement présentes dans l’organisme. Dans le cadre de la prise en charge du cancer de la prostate, chaque tumeur est catégorisée en fonction du type de cellule qui lui a donné naissance : carcinome, adénocarcinome, ou encore sarcome, pour ne citer que les plus répandues.

La prostate cancéreuse

Cette catégorisation, à savoir la nature des cellules de l’organisme qui se mettent à dégénérer pour former une masse maligne, a son importance dans l’élaboration du protocole traitement et du pronostic de chaque patient. En règle générale, les carcinomes, adénocarcinomes et sarcomes n’évoluent pas de la même manière, ne présentent pas la même agressivité, ne sont pas sensibles aux mêmes traitements, ne provoquent pas les mêmes symptômes.

Différents types de tumeurs peuvent se développer à partir des cellules de la prostate, mais il s’agit le plus souvent d’adénocarcinomes. Les adénocarcinomes se développent à partir des cellules glandulaires produisant le mucus et le liquide prostatique, substances contenant la fameuse protéine PSA.

Lorsque ces cellules glandulaires se mettent à se multiplier anormalement, formant ainsi une masse maligne, elles se font plus nombreuses et produisent, de fait, davantage de PSA. Voilà pourquoi un taux de PSA élevé peut faire craindre un cancer de la prostate.

Lire aussi notre article sur l’espérance de vie du cancer de la prostate de stade avancé

 

Le taux de PSA dans la surveillance des récidives du cancer de la prostate

Le traitement de référence du cancer de la prostate consiste habituellement soit en une chirurgie radicale visant à ôter la prostate dans sa totalité (prostatectomie) soit en une radiothérapie permettant d’éliminer les cellules cancéreuses. Dans certains cas, une hormonothérapie vient compléter le traitement. Elle consiste à diminuer la présence d’hormones masculines dans l’organisme qui agissent comme des facteurs de croissance sur les cellules cancéreuses.

À la suite de ces traitements, les cellules de la prostate saines et cancéreuses sont éliminées. De fait, elles ne peuvent plus produire de protéines et le taux de PSA dans le sang devrait être infime, voire nul. Lorsque le taux de PSA augmente après un traitement contre le cancer de la prostate, on considère que le cancer a récidivé ou n’a pas été éradiqué.

Si la mesure du taux de PSA dans le sang n’est donc pas considérée comme un outil de dépistage fiable, elle s’affirme comme un outil de surveillance des récidives et d’évaluation de l’efficacité du traitement crucial. La mesure du taux de PSA est un aspect important de la surveillance des récidives du cancer de la prostate et de l’évaluation du succès du traitement. En revanche, elle n’est pas considérée comme un outil de dépistage fiable du point de vue de la Haute Autorité de Santé, et ce du fait de ses nombreux faux positifs.

Elle peut toutefois être proposée à certains patients à risque dans une optique préventive, mais doit nécessairement être suivie d’une investigation plus poussée lorsqu’elle est anormalement élevée.

Ilan Darmon

Le Dr Ilan Darmon fait partie de l'équipe médicale de l'Institut de Radiothérapie et de Radiochirurgie H. Hartmann qu’il a rejoint depuis 2018, après 3 années d’exercice à l'Institut Curie Paris comme Praticien Assistant Spécialiste des Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC).

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