1 octobre 2021

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L’espérance de vie du cancer de la prostate de stade avancé

Catégorie(s) : cancer de la prostate
L’espérance de vie du cancer de la prostate de stade avancé
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Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. C’est une tumeur globalement de bon pronostic avec une survie de plus de 90% des patients atteints. Il reste rare avant 50 ans, et le nombre de cas augmente progressivement après 50 ans. Toutefois, il convient de nuancer ces chiffres qui englobent les tumeurs de tout stade. Dans les faits, le stade d’évolution de la maladie au moment de son diagnostic impacte significativement le pronostic de chaque patient.

Alors que les cancers de la prostate diagnostiqués à un stade localisé offrent un pronostic très positif, les cancers de la prostate de stade localement avancé et de stade métastatique présentent une espérance de vie moindre. À noter que le stade d’évolution de la maladie n’est pas le seul critère qui influe sur son pronostic.

Les estimations des chances de survie d’un patient atteint d’un cancer de la prostate sont très générales et doivent être interprétées avec prudence puisqu’elles sont fondées sur les statistiques, elles ne permettent pas de connaître le taux de survie de guérison d’une personne en particulier. La plupart des hommes chez qui a été diagnostiqué un cancer de la prostate ne meurent pas de cette maladie, mais fréquemment d’autres causes.

 

Le cancer de la prostate – définition

Le cancer de la prostate est une tumeur maligne qui se développe à partir des tissus de la prostate, organe du tractus urinaire et reproducteur masculin. Le plus souvent, la tumeur en cause est un adénocarcinome, mais on rencontre également des sarcomes et des carcinomes de la prostate.

cancer de la prostate diagnostic et traitements

Si l’adénocarcinome est le cancer le plus fréquemment retrouvé, c’est aussi celui qui offre le meilleur pronostic. Pour cause, il touche habituellement les hommes âgés et tend à évoluer lentement (deux critères souvent corrélés).

 

Les stades du cancer de la prostate

Les différents stades du cancer de la prostate correspondent à la catégorisation de leur étendue au moment du diagnostic. Les médecins divisent souvent les cancers de la prostate en groupes fondés sur l’endroit où la tumeur se propage dans le corps:

  1. Le stade localisé du cancer de prostate signifie que la tumeur se trouve seulement dans la prostate. Il n’a pas envahi les tissus voisins et ne s’est pas propagé à des parties du corps éloignées.
  2. Le stade localement avancé du cancer de prostate signifie que la tumeur s’est propagée hors de la prostate, mais pas aux ganglions lymphatiques ou à des parties du corps éloignées.
  3. Le cancer de prostate métastatique signifie que la tumeur s’est propagée au-delà des tissus entourant la prostate pour atteindre des ganglions lymphatiques éloignés ou d’autres parties du corps à distance de la prostate comme les poumons, le foie ou les os.

 

Une autre classification est souvent utilisée en fonction de l’extension de la tumeur dans la prostate, dit stade  «T».  Le cancer de la prostate est ainsi classé selon 4 stades : stades T1 et T2, le cancer de prostate est localisé à la prostate, et stade T3 et T4, le cancer de prostate est localement avancé.

La stadification des tumeurs permet d’évaluer l’agressivité de la maladie à travers la rapidité de son développement et d’estimer les risques de récidive qui conditionnent hautement l’espérance de vie du patient. Pour cause, au fur et à mesure de son développement, une tumeur maligne a tendance à grandir, prenant de plus en plus de place et envahissant de plus en plus de tissus, jusqu’à envoyer des cellules tumorales à distance de l’endroit de développement initial , c’est-à-dire à former des métastases.

C’est ce point qui distingue les tumeurs malignes (cancéreuses) des tumeurs bénignes qui, si elles peuvent atteindre des tailles parfois impressionnantes, restent localisées dans leurs tissus d’origine. Plus un cancer est étendu, plus il est compliqué à traiter, car il est susceptible de s’être infiltré dans davantage de tissus.

Il risque alors d’atteindre des organes vitaux inéligibles à la chirurgie radicale (traitement de référence du cancer) et/ou de se disséminer à travers une multitude de petites cellules impossibles à localiser, ce qui entérine à nouveau toute prise en charge chirurgicale.

Aussi, les cancers diagnostiqués à un stade précoce de leur évolution, alors qu’ils se trouvent au stade localisé de leur développement, n’offrent pas les mêmes options de traitement et perspectives de guérison que les cancers de stade localement avancé ou métastatique.

Pour évaluer le pronostic d’un cancer de prostate, il est également important de prendre en compte le taux de PSA et le score de différenciation des cellules tumorales de prostate (score de Gleason). Pour plus d’information, consultez notre page sur la classification et le diagnostic du cancer de prostate

 

Espérance de vie du cancer de la prostate de stade localement avancé

Le cancer de la prostate localement avancé, de stade T3 ou T4 est un adénocarcinome qui dépasse la prostate, peut envahir les vésicules séminales ou d’autres organes de voisinage (vessie, rectum ou sphincter externe). À ce stade, le cancer de la prostate n’a pas encore atteint les organes lointains, et il n’y a pas de métastases.

Le traitement de référence consiste habituellement en une radiothérapie associée à une hormonothérapie ou à une chirurgie associée à une hormonothérapie.

À ce stade, le cancer de la prostate présente une espérance de vie très positive avec plus de 95% de survie après 5 ans.

 

Espérance de vie du cancer de la prostate de stade IV

Le cancer de la prostate de stade métastatique (stade IV) s’est, lui, infiltré aux ganglions lymphatiques à distance et/ou a formé des métastases susceptibles de coloniser des organes plus lointains. Qu’il soit traité ou non, le cancer de la prostate a rarement tendance à se métastaser (1 cas sur 10 environ). Lorsqu’il se métastase, il engendre, dans 90 % des cas, la formation de métastases osseuses.

Si les métastases osseuses sont habituellement de sombre pronostic, ce n’est pas forcément le cas ici. Pour cause, qu’il se soit métastasé ou non, le cancer de la prostate est souvent une maladie à évolution lente.

Lorsqu’il y a des métastases, le cancer de la prostate de stade IV présente une espérance de vie à 5 ans d’environ 50 %. Malgré ce chiffre décourageant, il est toutefois possible de vivre bien plus longtemps avec un cancer de la prostate métastatique, qui est désormais davantage considéré comme une maladie chronique. De plus, la survie des patients atteints de cancers de prostate métastatique s’améliore d’année en année grâce à l’apparition de nouveaux traitements et de nouvelles associations thérapeutiques.

Il n’y a pas qu’une seule façon d’estimer l’espérance de vie d’un patient atteint d’un cancer de la prostate de stade avancé.  Si le stade d’évolution de la maladie joue un rôle important pour évaluer les risques de récidive et l’efficacité potentielle des traitements locaux et systémiques, l’agressivité de la maladie, ainsi que le type de tumeur et sa réponse aux traitements hormonaux, sont autant de critères décisifs.

Le profil du patient joue également un rôle primordial : sa volonté et son projet de vie doivent être pleinement pris en compte par l’équipe médicale et peuvent impacter son pronostic.

Dr Scher Nathaniel

Dr Nathaniel SCHER est spécialisé en oncologie et radiothérapie, il est attaché de recherche au sein de l’institut de radiothérapie Hartmann depuis 2017 ou il coordonne plusieurs projets de recherche clinique.

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