11 avril 2021

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Le diagnostic, classification et différents stades du cancer de la prostate

Catégorie(s) : cancer de la prostate
cancer de la prostate diagnostic et traitements

Le diagnostic est une étape très importante pour la prise en charge  du cancer de la prostate. Les différents examens permettent d’évaluer les caractéristiques de la tumeur et déterminer son stade et son grade, éléments indispensables à l’élaboration d’un plan de traitement.

Diagnostic du cancer de la prostate

Lorsque l’on suspecte un cancer de prostate, plusieurs examens doivent être prescrits afin d’éliminer d’autres pathologies et de s’assurer que l’on est bien face à une tumeur maligne.

Le toucher rectal

Cet examen est réalisé par le médecin traitant ou l’urologue lors d’une consultation. Il consiste à palper la prostate en passant par le rectum. Cet examen rapide et indolore permet d’évaluer le volume de la prostate, sa consistance, et de détecter d’éventuelles anomalies au toucher (augmentation de taille, zone indurée…).

Le dosage du PSA

Le dosage du taux de PSA (Prostate Specific Antigen) par prise de sang est un élément indispensable du dépistage du cancer prostatique. Cette substance est le marqueur tumoral présent dans la prostate et le sang capable. Il permet d’indiquer la présence d’une anomalie. Le dosage du PSA est réalisé tout au long de la prise en charge du cancer pour contrôler l’évolution de la maladie.

Le PSA peut aussi être indicateur d’une autre pathologie de la prostate, comme une inflammation ou une hypertrophie bénigne, il peut également s’élever en cas d’infection urinaire (ou prostatite) ou de rétention aigüe d’urine. Parfois, le taux de PSA est normal bien qu’il existe une masse tumorale naissante. Seul, cet examen n’est donc pas suffisant pour réaliser le diagnostic du cancer prostatique. D’autres examens doivent être réalisés.

Certaines valeurs sont cependant interprétables dans le cadre d’un cancer de prostate :

  • PSA compris entre 4 et 10 ng/ml : présence éventuelle d’un cancer de prostate localisé ;
  • PSA > 30 ng/ml : présence d’une tumeur localement avancée avec présence probable envahissement ganglionnaire ;
  • PSA > 100 ng/ml : présence d’un cancer de prostate avancé au niveau local et à distance, avec une forte probabilité de métastases osseuses ou viscérales.

Les biopsies prostatiques

Les biopsies de prostate permettent de déterminer précisément s’il existe un cancer de la prostate. Cet examen consiste à prélever de petits échantillons de prostate pour les analyser dans un laboratoire d’anatomopathologie. Les médecins étudient alors les types de cellules présents dans les échantillons pour connaître l’avancement de la tumeur, le nombre de biopsies positives (avec présence de cellules cancéreuses), le score de Gleason, ainsi que d’autres caractéristiques de la tumeur.

Les biopsies sont généralement réalisées sous anesthésie locale, après lavement rectal. Le praticien prélève une douzaine de fragments de tissus dans différentes zones de la prostate.

La réalisation préalable d’une IRM prostatique permet de réaliser des biopsies ciblées au niveau d’éventuelles lésions grâce à un système de fusion d’image,

Le score de Gleason

Le score de Gleason détermine le pronostic du cancer de la prostate en s’appuyant sur la structure architecturale de la glande.

Il se base sur trois éléments:

  • plusieurs populations tumorales peuvent coexister dans la prostate ;
  • ces populations tumorales peuvent être de différents grades ;
  • plus l’architecture de la prostate est compromise, moins le pronostic vital est favorable.

Sur les échantillons de tissus prélevés en biopsie et analysés au laboratoire, le score de Gleason permet ainsi de faire la somme des différents grades potentiellement présents au sein de la prostate. Ce score peut aller de 6 (noté 3+3) à 10 (noté 5+5).

Ainsi, le score de Gleason détermine l’agressivité de la maladie :

  • score de Gleason 6 (3+3) : tumeurs peu différenciées et peu agressives ;
  • score de Gleason 7 (3+4 ou 4+3) : tumeurs moyennement différenciées ;
  • score de Gleason 8, 9 ou 10 : tumeurs très indifférenciées et très agressives.

Cancer de prostate : Classification de d’Amico

La classification dite de D’Amico détermine le risque tumoral en combinant les résultats du score de Gleason, du stade clinique et du dosage du taux de PSA.

Ainsi, on distingue :

  • les tumeurs de bas risque (Stade T1c ou T2a, PSA < 10 ng/mL et Gleason 6) ;
  • les tumeurs de risque intermédiaire (Stade T2b ou T2c, PSA compris entre 10 et 20 ng/mL et Gleason 7) ;
  • les tumeurs à haut risque (Stade T3, PSA > 20 ng/mL et Gleason > 7).

Toutes ces données permettent d’établir un plan de traitement pour lutter contre le cancer de la prostate.  Le médecin peut demander la réalisation d’un bilan d’extension comprenant divers examens en fonction du groupe de risque.

Le bilan d’extension

Lorsque le diagnostic de cancer de la prostate est établi, il est possible de réaliser d’autres examens d’imagerie complémentaires dans le cadre d’un bilan d’extension. Ce dernier est utile pour localiser la tumeur de façon précise et évaluer son extension.

L’IRM prostatique

IRM ProstatiqueExamen clé dans la prise en charge du cancer de la prostate.

l’IRM de prostate permet d’observer les tissus mous de manière très précise et apporte des données importantes sur  une éventuelle atteinte de la capsule entourant la prostate ou des vésicules séminales et permet également de réaliser le bilan d’extension loco-régionnal ganglionnaire.

Aujourd’hui, cet examen est réalisé en amont des biopsies pour guider ces dernières au sein de cible(s) éventuelle(s). Il s’agit de l’examen incontournable dans la prise en charge diagnostic et thérapeutique.

Le scanner TAP

Le scanner focalisé sur la zone du thorax-abdomen-pelvis. Cet examen d’une durée approximative d’un quart d’heure Il va permettre d’évaluer la présence ou non d’une extension loco-régionnale ou à distance.

La scintigraphie osseuse

Scintigraphie osseuse diagnostic cancer de prostate

Cet examen de médecine nucléaire permet de contrôler l’extension du cancer au squelette entier pour s’assurer de l’absence de métastases osseuses.

Le TEP scanner à la 18F-Choline

TEP scanner à la 18F-Choline

Cet examen de médecine nucléaire peut être pratiqué en complément ou à la place du scanner TAP et de la scintigraphie osseuse.  Il permet de vérifier l’extension loco-régionnal et de s’assurer de l’absence de métastases à distance (ganglionnaire, viscérales ou osseuses). De nouveaux traceurs tels que le PSMA sont actuellement en cours de développement dans l’objectif d’une évaluation plus précise de l’extension de la maladie.

Cancer de la prostate : les différents stades

Les résultats des différents examens prescrits dans le cadre du dépistage du cancer de la prostate ainsi que dans le bilan d’extension donnent de précieuses indications quant à la taille tumorale, les zones de la prostate touchées ainsi que l’éventuelle extension tumorale.

L’emplacement précis de la tumeur et la quantité de cancer présente dans le corps du patient vont déterminer le stade tumoral.

Pour stadifier le cancer de prostate, on utilise la classification TNM selon 4 stades.

Cancers localisés

Cancer de la prostate stade 1 (dit T1) : la tumeur est non palpée au toucher rectal. Présence de quelques cellules cancéreuses. Il n’y a pas de symptôme.

  • T1a : tumeur < 5 % du tissu prélevé
  • T1b : tumeur > 5 % du tissu prélevé
  • T1c : tumeur découverte sur une biopsie après élévation du taux de PSA

Cancer de la prostate stade 2 (dit T2) : la tumeur est retrouvée au toucher rectal (nodule ou induration) et semble limitée à la glande prostatique seulement.

  • T2a : tumeur présente sur la moitié d’un lobe ou moins
  • T2b : tumeur présente sur plus de la moitié d’un lobe, sans atteindre les 2 lobes
  • T2c : tumeur présente sur les 2 lobes

Cancers de stade avancé

Cancer de la prostate stade 3 (dit T3) : le cancer est étendu hors de la prostate et/ou aux vésicules séminales.

  • T3a : cancer franchissant la capsule prostatique
  • T3b : envahissement des vésicules séminales

Cancer de la prostate stade 4 (dit T4) : le cancer a envahi les organes proches de la prostate (vessie, rectum,).

Grâce à tous ces éléments, nos oncologues sont capables de mettre en place un protocole de prise en charge thérapeutique adaptée à chaque patient au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (ou RCP) qui impliquera si besoin une radiothérapie stéréotaxique.

Ilan Darmon

Le Dr Ilan Darmon fait partie de l'équipe médicale de l'Institut de Radiothérapie et de Radiochirurgie H. Hartmann qu’il a rejoint depuis 2018, après 3 années d’exercice à l'Institut Curie Paris comme Praticien Assistant Spécialiste des Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC).

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