17 novembre 2021

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Le cancer du poumon non à petites cellules – Traitements et pronostics

Catégorie(s) : Cancer du poumon
Le cancer du poumon non à petites cellules – Traitements et pronostics
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Le cancer du poumon non à petites cellules est celui auquel on fait communément allusion lorsque l’on parle de cancer du poumon. Il s’oppose au cancer du poumon à petites cellules, plus rare, mais aussi de moins bon pronostic. En France, le cancer du poumon non à petites cellules est parmi les plus fréquemment rencontrés. Il se classe au deuxième rang des cancers les plus fréquents chez l’homme après le cancer de la prostate, et au troisième rang chez la femme.

Bien qu’il ne soit pas sur la première marche du podium des cancers les plus rencontrés, il est la première cause de mortalité par cancer chez les hommes en France et dans le monde. Les options thérapeutiques sont multiples et évoluent depuis ces dix dernières années. Elles permettent une amélioration du pronostic des patients atteints.

Démarrons avec cette courte vidéo présentant les symptômes d’un cancer du poumon:

 

Les différents types de cancers du poumon non à petites cellules

Le cancer du poumon non à petites cellules est une tumeur pouvant naître à partir des cellules de différents tissus pulmonaires. Il peut atteindre les bronches, les bronchites, les alvéoles, ou plusieurs tissus en même temps. Une tumeur maligne se forme à partir de cellules saines naturellement présentes dans l’organisme qui se mettent à « dégénérer » et à se multiplier de façon anarchique pour former des masses au développement incontrôlable.

On catégorise une tumeur cancéreuse du poumon en fonction de la nature des cellules saines à partir desquelles elle s’est développée. Parmi les tumeurs à l’origine du cancer du poumon non à petites cellules les plus répandues, on rencontre l’adénocarcinome, le carcinome à grandes cellules et le carcinome épidermoïde.

L’adénocarcinome est rencontré dans 60 % des cancers du poumon non à petites cellules. Il prend naissance à partir des cellules de l’épithélium glandulaire des tissus pulmonaires, situées sur la surface extérieure du poumon.

Le carcinome épidermoïde est rencontré dans environ 30 % des cancers du poumon non à petites cellules. Il prend naissance dans les cellules épithéliales des tissus pulmonaires.

Le carcinome à grandes cellules est rencontré dans environ 10 % à 15 % des cancers du poumon non à petites cellules. Il peut prendre naissance à partir de toutes les cellules des tissus pulmonaires qui présentent la spécificité d’être visibles au microscope, et donc relativement « grandes ».

Ces trois types de cancers du poumon non à petites cellules représentent près de 80% de tous les cancers du poumon et leurs diagnostics au stade précoce est difficile.

Le diagnostic, le traitement et le pronostic de l’adénocarcinome, du carcinome épidermoïde et du carcinome à grandes cellules sont relativement similaires.

On note toutefois quelques différences, comme l’aspect parfois génétique de l’adénocarcinome qui offre la perspective de thérapies ciblées, et la croissance particulièrement rapide du carcinome à grandes cellules qui rend son pronostic plus délicat.

 

Traitement du cancer du poumon non à petites cellules

Les symptômes du cancer du poumon sont peu spécifiques (toux, essoufflement, difficultés respiratoires, etc.) et peuvent être confondus avec ceux de n’importe quel autre trouble pulmonaire bénin.

Aussi, le diagnostic de la maladie est souvent délicat et très tardif. Or, plus un cancer – dont le propre est d’évoluer sans cesse de manière incontrôlable – est diagnostiqué tardivement, plus elle risque d’avoir déjà atteint un stade avancé de son évolution au moment où elle est détectée.

Lorsqu’il se trouve déjà à un stade avancé de son évolution, le cancer du poumon offre moins d’alternatives thérapeutiques et présente un pronostic sombre.

Les options thérapeutiques du cancer du poumon sont multiples et dépendent du stade d’évolution de la maladie et de l’état du patient :

Ces différents traitements peuvent être combinés et/ou utilisés les uns après les autres en fonction des indications thérapeutiques et de leur tolérance.

Les traitements de référence dans le cadre de la prise en charge du cancer du poumon non à petites cellules de stade limité sont la chirurgie ou la radiothérapie. Le traitement chirurgical consiste à ôter la tumeur afin d’éliminer mécaniquement toutes les cellules cancéreuses de l’organisme pour les empêcher de continuer à se multiplier.

Toutefois, le cancer du poumon est habituellement diagnostiqué à un stade plus tardif de son évolution et son extension régionale ou à distance ne justifie souvent plus de traitement chirurgical.

Pour les stades localement avancés, une chimiothérapie associée à une radiothérapie plus ou moins suivie d’une immunothérapie peut être administrée. Pour les stades métastatiques, une thérapie ciblée ou une immunothérapie est généralement proposée en fonction des caractéristiques génétiques du cancer du poumon et dépends de chaque patient.

Pronostic du cancer du poumon non à petites cellules

Le pronostic du cancer du poumon non à petites cellules est sombre du fait de son diagnostic souvent tardif. Toutefois, il est important de souligner que chaque patient est différent, et, en conséquence, chaque pronostic l’est aussi.

Si le taux de survie global à 5 ans est d’environ 15 %, cette statistique mérite d’être nuancée au regard des caractéristiques de chaque tumeur, de son stade d’évolution au moment du diagnostic et de la réponse aux différents traitements entrepris. Un cancer du poumon non à petites cellules diagnostiqué à un stade précoce son évolution peut offrir jusqu’à 70 % de chances de survie à 5 ans.

Pour les cancers du poumon de stade II, le taux de survie à 5 ans s’élève à 50 % en moyenne. Puis il passe de 5 à 25 % au stade III, et devient inférieur à 1 % au stade IV. Bien qu’il soit encore mauvais pronostic, le cancer du poumon non à petites cellules peut toutefois être soigné lorsqu’il est diagnostiqué suffisamment tôt. Son stade d’évolution au moment de son diagnostic joue un rôle primordial dans sa prise en charge et dans le pronostic de chaque patient.

Les thérapies ciblées et immunothérapies en constant développement pourraient, par ailleurs, offrir de nouveaux espoirs aux patients atteints de cancer de poumon non à petite cellule, tumeur pulmonaire maligne parmi les plus fréquemment rencontrées.

Dr Scher Nathaniel

Dr Nathaniel SCHER est spécialisé en oncologie et radiothérapie, il est attaché de recherche au sein de l’institut de radiothérapie Hartmann depuis 2017 ou il coordonne plusieurs projets de recherche clinique.

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