Toutefois, des alternatives thérapeutiques existent bel et bien, et peuvent s’avérer tout aussi efficaces. Le pronostic et le protocole de traitement de chaque patiente sont toujours évalués au cas par cas, et ne sauraient être uniquement conditionnés par le type de cancer diagnostiqué.
Avec près de 60 000 cas diagnostiqués chaque année, le cancer du sein est la tumeur maligne la plus fréquemment rencontrée chez la femme en France (informations sur les signes avant-coureurs du cancer du sein). Près de 15 % de ces cancers sont de type triple négatif. Un cancer triple négatif est un cancer négatif à la présence de trois récepteurs spécifiques, couramment utilisés pour traiter les tumeurs cancéreuses. Aussi, ces cancers exigent une prise en charge spécifique, personnalisée au cas par cas.
Bien que l’absence de récepteurs puisse rendre le traitement de ce cancer relativement délicat, il existe désormais de nouvelles thérapies, telles que des thérapies ciblées ou de l’immunothérapie améliorant grandement la prise en charge de ces derniers.
Chaque cancer du sein est unique. Il est définit par sa taille, la présence ou nom d’une atteinte ganglionnaire ou à distance, mais également de marqueurs plus spécifiques et notamment la présence ou non de récepteurs à la surface des cellules tumorales.
Le cancer du sein triple négatif se distingue des autres cancers du sein plus communément rencontrés, par le fait qu’il ne possède aucun des 3 récepteurs principaux, à savoir :
L’identification de ces récepteurs chez la cellule cancéreuse peut permettre d’élaborer des protocoles de traitements ciblés impactant précisément ces dernières, et épargnant les cellules saines. Par exemple, dans les cas de cancers du sein présentant des récepteurs hormonaux (R0/RE et/ou RP), dont les cellules présentent des récepteurs sensibles aux hormones, certains traitements suppresseurs d’œstrogènes sont capables d’inhiber la croissance du cancer en empêchant ses cellules de recevoir des « messages » stimulant leur croissance.
Lorsqu’un cancer du sein est triple négatif, il ne présente donc aucun des trois types de ces récepteurs couramment ciblés. La stratégie de traitement doit donc être adaptée en conséquence. Aussi, l’identification comme telle d’un cancer triple négatif est essentielle à l’élaboration d’un protocole de traitement efficace.
Le diagnostic du cancer du sein triple négatif est réalisé sur le prélèvement tumoral retiré lors de la biopsie. L’analyse en laboratoire à l’aide d’un microscope, aussi nommée examen anatomopathologique ou histologique, permet d’examiner l’anatomie des cellules et de rechercher la présence de récepteurs sur leur membrane. En l’absence des trois récepteurs suscités, le cancer est qualifié de triple négatif.
D’autres éléments peuvent venir alimenter le faisceau d’indices menant au diagnostic d’un cancer triple négatif. Ce type de cancer est en effet typiquement observé chez les patientes les plus jeunes, ainsi que chez celles présentant un facteur de risque héréditaire. De fait, environ 30 % des patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif présentent une mutation des gènes BRCA1 et BRCA2.
Cependant, l’analyse directe des cellules est complétée par une analyse en immuno-histochimie (IHC) qui évalue la quantité de la protéine HER2 présente dans les cellules cancéreuses par détection d’antigènes au moyen d’anticorps, et/ou par hybridation in situ en fluorescence (FISH) évaluant le nombre de copies du gène HER2 présentes dans les cellules cancéreuses.
Effectivement, l’analyse initiale n’est pas suffisamment fine pour détecter l’ensemble des récepteurs qui sont parfois que faiblement exprimés. De ce fait, certaines maladies semblant à première vue triple négatif, se révèlent en réalité HER2 positif, ou plus fréquemment « HER Low ». Cette dernière catégorie, découverte récemment grâce à l’amélioration des techniques de dépistage, a ouvert la possibilité de thérapies ciblées innovantes et prometteuses. De ce fait, il est désormais fréquent de redemander des analyses immuno-histochimiques complémentaires sur une maladie pourtant déjà connue, afin d’optimiser les traitements disponibles.
Les cancers du sein triple négatifs ont donc la particularité de ne pas répondre aux traitements ciblant les trois types de récepteurs connus. Il existe cependant des alternatives adaptées à la prise en charge de ce type de tumeurs mammaires :
En cas de maladie avancée présentant des métastases à distance, la recherche de mutation germinale de BRCA1 et 2 est systématique dès la prise en charge initiale afin de rechercher des anomalies ciblables par les traitements appelés thérapies ciblées.
Par ailleurs, la radiothérapie a régulièrement sa place dans la prise en charge du traitement des cancers du sein avancés, permettant de réduire des douleurs et de traitement des localisations spécifiques. Elle fait partie intégrante du panel thérapeutique.
De même, une prise en charge intégrative et globale comportant un suivi nutritionnel, une activité physique adaptée, un soutien psychologique et des soins de support en cas de douleurs sont essentiels à une prise en charge complète. À l’institut Hartmann, un parcours de Soins personnalisé vous sera proposé au sein de l’institut Rafael tout au cours de votre prise en charge.
Le cancer du sein triple négatif présente son lot de défis, car il rend les patientes qui en sont atteintes inéligibles à un certain nombre de traitements efficaces dans la prise en charge d’autres types de tumeurs mammaires plus répandues.