Le cancer de la thyroïde présente une incidence en constante augmentation en France ces dernières années avec notamment plus de dix milles nouveaux cas diagnostiqués en France en 2018. Ce constat est en partie lié à une augmentation du dépistage sur exploration et imageries de plus en plus précoces et plus performantes.
Il touche dans près de 75% des cas les femmes. Lorsqu’il s’agit du type histologique le plus fréquent, il fait heureusement partie des cancers à très bon pronostic. De fait, lorsqu’il est diagnostiqué précocement, il peut habituellement être traité efficacement et son taux de survie à 5 ans s’approche de 100 %.
On détecte principalement deux facteurs de risque :
La glande thyroïde est un organe situé à l’avant du cou, responsable de la production d’hormones jouant un rôle essentiel dans la régulation de la plupart des mécanismes biologiques du corps humain. Le cancer de la thyroïde est une tumeur maligne qui se développe à partir des cellules de la glande thyroïde. L’enjeu majeur de la prise en charge du cancer repose sur le diagnostic et le traitement précoce des tumeurs malignes.
Il existe principalement 3 différents types histologiques de cancers de la thyroïde :
Les symptômes du cancer de la thyroïde sont assez aspécifiques puisqu’ils peuvent évoquer une tumeur cancéreuse comme un nodule bénin (80% des tumeurs thyroïdiennes).
Les premiers signes consistent en l’apparition d’une masse dans la région du cou, d’un gonflement des ganglions lymphatiques avoisinants, d’une otalgie (douleur auriculaire), voire d’une dysphonie si la tumeur compresse les cordes vocales. Cependant, la plus grande partie des nodules thyroïdiens sont bénins. Leur découverte peut également se faire fortuitement lors d’une imagerie cervicale.
La présence de signes de dysfonction hormonale (révélant une dysthyroïdie) dans le contexte d’un cancer de la thyroïde reste rare. Une hypertension, une diarrhée motrice, des bouffées de chaleur, une hypothyroïdie ou, au contraire, une hyperthyroïdie, sont cependant des symptômes endocriniens qui devraient motiver une consultation.
Par la suite, une échographie est alors réalisée ainsi qu’une biopsie afin de confirmer l’atteinte tumorale maligne ainsi que des tests d’analyse moléculaire peuvent être réalisés sur le prélèvement à la recherche de cibles thérapeutiques.
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La prise en charge d’un cancer de la thyroïde dépend de différents paramètres, notamment du type de cancer diagnostiqué, de son stade d’évolution, de son agressivité, ainsi que du profil du patient et de ses volontés. Il comporte principalement trois éléments :
C’est le traitement de référence et de première intention. Elle consiste à ôter la tumeur par résection partielle de la glande, thyroïdectomie partielle ou la glande thyroïde dans sa totalité, thyroïdectomie totale, en fonction des risques de récidive.
La chirurgie permet dans la majorité des cas de traiter le cancer. Cependant, elle n’est pas sans quelques conséquences de fréquence et d’intensité diverses selon la quantité de thyroïde retirée. Une asthénie/fatigue, une dysphonie (modification de la voix) et certaines douleurs peuvent être induites. Une information claire ainsi qu’une prise en charge par des soins de support est proposée par le chirurgien au décours du geste.
Une ablation totale de la thyroïde induisant donc une perte totale de sa fonctionnalité nécessite la prise d’un traitement hormonal thyroïdien à vie.
C’est un traitement systémique, c’est-à-dire passant dans tout le corps, qui peut être nécessaire pour compléter la chirurgie. Effectivement, il a pour but de détruire d’éventuelles cellules thyroïdiennes persistantes après la chirurgie.
Il consiste en l’ingestion d’une gélule d’iode radioactive (Iode 131). La thyroïde étant une glande particulièrement gourmande en iode, elle va stocker ce composant, ce qui permet de concentrer naturellement les rayonnements au niveau de la thyroïde pour détruire la tumeur de l’intérieur.
L’iode radioactif détruit non seulement les cellules tumorales, mais également les cellules thyroïdiennes saines. Pour que ce traitement fonctionne, les cellules cancéreuses doivent être différenciées, sans quoi elles perdent leur capacité à absorber l’iode.
Ce traitement est réalisé dans un service spécialisé de médecin nucléaire. Il s’en suit quelques directives lors du retour au domicile du fait de l’élimination par les urines de l’iode.
Comme mentionné précédemment, le traitement hormonal ne traite pas le cancer de la thyroïde, mais consiste à substituer la fonctionnalité hormonale de l’organe ôté. Ce sont des hormones thyroïdiennes de synthèses données sous la forme d’un médicament, la lévothyroxine. Une surveillance rapprochée, notamment clinique, est nécessaire afin d’équilibrer la dose du traitement hormonal.
Les thérapies ciblées, la chimiothérapie ou la radiothérapie externe ne sont utilisées que dans les cas où la maladie est plus avancée et qu’une chirurgie n’est pas envisageable.
La surveillance s’articule autour de 3 volets:
Ce suivi est poursuivi au long cours.
Le cancer de la thyroïde fait partie des rares tumeurs cancéreuses à très bon pronostic, mais il demeure essentiel de le faire soigner au plus tôt pour maximiser les chances de guérison complète.
Une prise en charge dès l’apparition des tout premiers symptômes permet non seulement de réduire les risques de complications et de récidives, mais aussi de bénéficier de thérapies moins lourdes, engendrant moins de séquelles à long terme.
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