ElsanINSTITUT DE RADIOTHÉRAPIE ET DE RADIOCHIRURGIE H. HARTMANN

H. HARTMANN

5 septembre 2022

RETOUR AUX ACTUALITÉS

Hématies dans les urines : signe d’un cancer du rein ou de la vessie ?

Catégorie(s) : cancer du rein
Hématurie et tumeur du rein - vessie
3.9/5 - (22 votes)

L’hématurie, présence de sang dans les urines, est souvent le premier symptôme visible des tumeurs de la vessie et du rein. Toutefois, toutes les hématuries ne sont pas corrélées à des pathologies cancéreuses.

S’il convient donc de ne pas s’inquiéter outre mesure, la présence de sang dans les urines doit toutefois motiver à consulter un médecin rapidement afin d’en élucider la cause. De fait, en cas de maladie cancéreuse, un dépistage et un diagnostic précoce permet une prise en charge plus rapide et à un stade peu avancé de la maladie.

 

L’hématurie, qu’est-ce que c’est ?

L’hématurie correspond à la présence de sang, ou plus précisément d’hématies (globules rouges), dans les urines.

On différencie :

  • Les hématuries macroscopiques: visibles à l’œil nu, quand le sang colore l’urine de rouge
  • Les hématuries microscopiques : indétectables à l’œil nu, quand les hématies sont présentes en trop faible quantité pour colorer les urines. Cette dernière est alors dépistée par examen cytologique des urines (ECBU = examen cyto-bactériologique des urines).

Il convient également de distinguer l’hématurie des « fausses hématuries », d’autres phénomènes colorant les urines, sans que cela soit dû à la présence d’hématies. C’est, par exemple, le cas de la porphyrie, ou tout simplement de la consommation de betteraves.

 

Principales causes d’hématies dans les urines

De nombreux phénomènes peuvent être à l’origine d’une hématurie. En l’espèce, la plupart des maladies du tractus urinaire, bénignes comme plus sévères, sont susceptibles de s’accompagner de sang dans les urines, sans que cela ne soit un facteur de gravité.

Système urinaire - schéma

Dans les causes les plus fréquentes, il est à retenir :

  • Une infection urinaire basse (cystite chez la femme, ou prostatite chez l’homme)
  • Une infection urinaire haute, rénale (pyélonéphrite)
  • Les lithiases (calculs) principalement situés au niveau des reins
  • Une maladie rénale primitive (néphropathie type glomérulonéphrite…)
  • Une tumeur (vessie ou voies urinaires supérieures, rein).
  • Après un traumatisme

Par ailleurs, les troubles de la coagulation sanguine et autres maladies du système sanguin peuvent également être à l’origine d’hématuries. Aussi, les cancers de la vessie et du rein ne sont qu’une seule des multiples causes possibles de l’hématurie.

Pour établir un diagnostic, il est donc essentiel de consulter rapidement un médecin (médecin généraliste avant tout, ou urologue) qui prescrira, si nécessaire, des examens complémentaires permettant de rechercher une éventuelle tumeur (echographie, cystoscopie, scanner…).

Lire aussi notre article sur la prise en charge du cancer de la prostate.

Les hématies (globules rouges) dans l’urine ou Hématurie macroscopique: présence de sang dans les urines

Dans une urine normale, la présence de cellules est limitée, comprenant principalement des globules rouges (hématies), des globules blancs (leucocytes), des cellules des parois des canaux urinaires et de la vessie, et chez les hommes, des spermatozoïdes.
En général, les hématies ne dépassent pas 5 000 par millilitre d’urine ; à ce taux, elles ne sont donc pas visibles et les urines sont dites claires, jaunes.
Une concentration élevée de globules rouges, connue sous le terme d’hématurie, confère à l’urine une teinte brun-rouge, hématurie dite alors macroscopique, indiquant un potentiel problème de santé qui nécessite une évaluation clinique.

L’augmentation des hématies dans l’urine peut être déclenchée par diverses pathologies :

  1. Les infections urinaires, telles que les cystites, sont des causes fréquentes. Elles provoquent une inflammation et une irritation des parois urinaires, conduisant à la présence de sang dans l’urine.
  2. Les calculs urinaires, formés par des dépôts minéraux durcis dans les reins ou la vessie, peuvent causer des blessures aux parois des organes urinaires lorsqu’ils passent, entraînant des saignements.
  3. Les traumatismes physiques aux voies urinaires, qu’ils résultent d’accidents ou de procédures chirurgicales (par exemple, post pose de sonde urinaire ou cystoscopie), sont également susceptibles de provoquer une hématurie.
  4. Les tumeurs au niveau des reins ou de la vessie peuvent également induire des saignements internes, libérant ainsi des globules rouges dans l’urine. Cela peut être un indicateur précoce de cancer, nécessitant une consultation médicale pour un diagnostic précis.
  5. Certains troubles de la coagulation sanguine, notamment ceux causés par une surdose de médicaments anticoagulants, peuvent également être responsables d’une hématurie. Dans ce contexte, il est impératif de réévaluer la posologie des anticoagulants avec l’aide d’un professionnel de santé pour éviter des complications supplémentaires.

 

Hématies élevées dans les urines et fatigue

Un taux élevé de globules rouges dans l’urine peut souvent être associé à des symptômes de fatigue. Cette fatigue peut résulter de la perte de sang continue, même minime, menant potentiellement à une anémie.
L’anémie se manifeste par une diminution du nombre de globules rouges dans le sang, réduisant ainsi la capacité du sang à transporter l’oxygène. Ce manque d’oxygène peut provoquer une fatigue intense, dyspnée (gêne pour respirer) une faiblesse généralisée et une réduction de l’endurance physique. Il est crucial de consulter un médecin pour identifier la cause de l’hématurie et traiter la source de la fatigue afin de prévenir des complications supplémentaires.

 

Vidéo : les incidences de la présence de sang dans les urines

 

Hématurie et tumeurs de la vessie et du rein

Bien que les causes possibles d’une hématurie soient fort nombreuses, il est impossible d’écarter d’office une pathologie cancéreuse de l’appareil urinaire. En effet, l’hématurie est, entre autres, le premier symptôme des tumeurs de la vessie et du rein.

Les tumeurs de la vessie et du rein sont des masses malignes, c’est-à-dire des amas de cellules cancéreuses proliférant de manière anarchique. Du fait de leur croissance exponentielle, les cellules cancéreuses sont particulièrement gourmandes en nutriments et en oxygène, c’est pourquoi elles sont habituellement très vascularisées de façon anarchique, appelée néo-vascularisation, et donc très propices aux saignements spontanés.

A moindre mesure, les cancers ayant tendance à s’étendre aux tissus alentour, ils sont également susceptibles d’envahir et d’endommager des vaisseaux sanguins plus ou moins importants, un autre facteur de saignement. Ces différents phénomènes pouvant engendrer une hématurie (microscopique ou macroscopique), ils en font un symptôme commun des tumeurs de la vessie et des reins – on la retrouve chez environ 90% des patients.

Cependant, la couleur des urines peut être normale (hématurie microscopique) ou varier du rose clair au brun foncé, en passant par le rouge vif.

De plus, Il n’existe pas de liens entre la couleur des urines, l’abondance de sang et la gravité du cancer : une hématurie prononcée n’est pas nécessairement le symptôme d’un cancer de stade avancé.

 

Hématurie et cancers du système urinaire : quand s’inquiéter ?

Il est hautement recommandé de consulter un médecin dès que vous constatez l’apparition d’une anomalie urinaire, qu’il s’agisse d’une hématurie ou de tout autre trouble. Tous les troubles urinaires ne sont pas synonymes de cancers, mais consulter précocement offre la possibilité d’une prise en charge précoce, ce qui est souvent essentiel dans le pronostic des pathologies cancéreuses.

Il est également important de noter que les cancers peuvent provoquer des hématuries intermittentes, c’est-à-dire qui disparaissent spontanément durant des jours, ou des semaines, avant de réapparaître, cela au rythme de la croissance du cancer. Il demeure donc essentiel de consulter même lorsque l’hématurie semble se résorber d’elle-même, car cela ne signifie pas que la cause du problème est résolue.

D’autres éléments peuvent orienter vers l’origine de l’hématurie en cas de cancer :

  1. Si elle arrive en fin de miction, elle oriente plutôt vers une tumeur de la vessie. Elle peut être associée à une envie d’uriner plus fréquente, des brûlures, gênes ou douleurs lors de la miction, des sensations de besoin urgent d’uriner, ou encore des douleurs ou sensations anormales dans la région pelvienne.
  2. En de douleurs ou gênes dorsales et abdominales, des œdèmes (gonflement) des membres inférieurs, une anémie et une pression artérielle élevée ; elle oriente plutôt vers une origine haute, rénale.

À termes, les pathologies cancéreuses peuvent également provoquer des symptômes généraux : fatigue, perte de poids, perte d’appétit, nausées, fièvre, etc.

Lire aussi notre article sur la prise en charge du cancer du sein

 

En résumé

  1. Les hématuries sont des symptômes relativement communs d’un vaste panel de maladies du tractus urinaire.
  2. S’il ne faut donc pas s’affoler immédiatement face à ce phénomène, il demeure hautement recommandé de consulter, afin d’identifier rapidement la cause du problème.
  3. Si l’hématurie révèle un cancer de la vessie ou du rein, un protocole de traitement personnalisé vous sera proposé au cas par cas.

Radiothérapie Hartmann

L’Institut de Radiothérapie et Radiochirurgie H. Hartmann est rattaché au groupe SENY, filiale d’ELSAN, qui développe et gère des établissements de diagnostic et des centres de traitement du cancer. Titulaire d’une autorisation délivrée par l’Agence Régionale de Santé, nous répondons à l’ensemble des critères de fonctionnement édictés par l’Institut National du Cancer (INCa).

Les autres actualités

Cancer du poumon et cigarette électronique, point sur les études scientifiques récentes

Cancer du poumon et cigarette électronique, point sur les études scientifiques récentes

La cigarette électronique suscite des interrogations légitimes chez mes patients. Certains se demandent si le vapotage peut provoquer un cancer du poumon, d’autres cherchent à savoir si c’est une alternative acceptable à la cigarette classique. Ces questions méritent des réponses claires, fondées sur les données scientifiques disponibles, sans alarme excessive ni fausse réassurance.

10 recommandations validées par la science pour prévenir le cancer

10 recommandations validées par la science pour prévenir le cancer

En tant que médecin, les patients me demandent souvent « Que puis-je faire concrètement pour diminuer mon risque ? ».
Voici dix recommandations validées par la science et alignées sur les principales lignes directrices internationales pour prévenir le cancer au quotidien.

Coloscopie et cancer colorectal parcours avant et après radiothérapie

Coloscopie et cancer colorectal parcours avant et après radiothérapie

La coloscopie est réalisée par un gastroentérologue, généralement après une consultation initiale en médecine générale et ou en gastroentérologie. L’Institut de radiothérapie et de radiochirurgie H Hartmann intervient ensuite, quand un cancer colorectal est confirmé ou fortement suspecté.

Polynucléaires neutrophiles et chimioradiothérapie

Polynucléaires neutrophiles et chimioradiothérapie

La chimioradiothérapie est un traitement combiné qui associe chimiothérapie et radiothérapie pour renforcer l’effet contre la tumeur. Cette stratégie améliore le contrôle de la maladie mais peut fragiliser temporairement les défenses immunitaires, en particulier les polynucléaires neutrophiles qui protègent des infections.

VOIR TOUTES LES ACTUALITÉS