1 avril 2021

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La radiothérapie dans le traitement des glioblastomes

Catégorie(s) : Gliomes
La radiothérapie dans le traitement des glioblastomes

Le glioblastome est une tumeur maligne du cerveau. Cette pathologie touche le plus souvent les adultes de 45 à 70 ans, avec une moyenne d’âge de 58 ans. Elle touche plus fréquemment les hommes. Afin de traiter ce cancer agressif, l’association d’une radiothérapie à une chimiothérapie, précédée ou non d’une chirurgie, est le traitement de référence.

Qu’est-ce qu’un glioblastome ?

Un glioblastome est un cancer se développant à partir des cellules gliales qui servent normalement à assurer le bon fonctionnement des neurones et de la conduction nerveuse. Dans le cas du glioblastome, ces cellules gliales se reproduisent de manière anarchique, anormale.

Le glioblastome est la tumeur la plus agressive de la famille des gliomes. Elle est également appelée Gliome de stade IV.

Symptômes du glioblastome

Cette tumeur du cerveau entraîne une véritable souffrance cérébrale couplée à une hypertension intracrânienne. Les signes cliniques peuvent alors se traduire par :

  • une épilepsie (fréquente) ;
  • des céphalées à type de migraines ;
  • des nausées ;
  • des vomissements ;

 

Et selon la localisation d’autres signes neurologiques:

  • une confusion mentale (troubles de la concentration, difficultés spatio-temporelles) ;
  • des troubles de la parole ou de l’articulation…

 

Diagnostic du glioblastome

Le glioblastome est une pathologie qui se développe rapidement. Aussi, il est important de pouvoir réaliser le diagnostic le plus tôt possible pour démarrer la prise en charge thérapeutique.

Lorsque l’on suspecte la présence de cette pathologie, le principal examen à réaliser est une imagerie cérébrale, IRM ou scanner, selon les disponibilités des centres et le degré d’urgence clinique. Les clichés permettent de visualiser la tumeur, de connaître son emplacement exact ainsi que sa taille. Ces éléments informent sur le degré d’avancement de la maladie. L’imagerie permet donc de suspecter le diagnostic mais pas de l’affirmer.

Afin d’affirmer celui-ci, il est nécessaire d’obtenir une preuve histologique (anatomo-pathologique) pouvant être réalisée sous forme de biopsie ou d’intervention chirurgicale par un neurochirurgien. L’analyse anatomopathologique de l’échantillon prélevé permet de découvrir le type de gliome afin d’orienter les traitements les mieux adaptés.

 

Traitements du glioblastome

La prise en charge thérapeutique du glioblastome est décidée lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Elle dépend notamment de l’état général du patient, de son âge, de ses comorbidités, de la taille de la tumeur et de son emplacement au sein du cerveau.

1.La chirurgie

Lorsque l’emplacement du glioblastome le permet, la chirurgie d’exérèse de la tumeur est la première phase thérapeutique. Celle-ci permet également la confirmation histologique de la tumeur.

2.La chimio-radiothérapie concomitante

Un protocole associant chimiothérapie et radiothérapie externe de façon concomitante est le traitement de référence des glioblastomes. Il est réalisé, soit au décours de la chirurgie, et est alors appelé “adjuvant”, soit d’emblée lorsque la chirurgie n’est pas réalisable et est alors “exclusif”.

  • La Radiothérapie:

La radiothérapie externe permet de détruire les cellules tumorales pour éliminer la tumeur ou réduire son volume. À cet effet, des faisceaux de rayons sont administrés dans le cerveau en ciblant précisément la lésion.

La première  étape est de réaliser un scanner de repérage, ou scanner dosimétrique, permettant de délimiter la zone à irradier en position de traitement. Lors de ce scanner, est confectionné un masque de contention thermoformé, adapté au visage du patient, que celui-ci portera à chaque séance de radiothérapie.

Puis, les séances d’irradiation ont lieu. Selon la taille, la localisation, mais également l’état du patient (âge, comorbidités, état général et neurologique), celle-ci peut s’étaler de 3 à 6 semaines avec parfois des effets secondaires. Une visite médicale est réalisée de façon hebdomadaire afin de surveiller le bon déroulement et la tolérance au traitement.

  • La Chimiothérapie associée

chimiothérapie cancer du seinCelle-ci agit de façon synergique à la radiothérapie en potentialisant ses effets sur les cellules cancéreuses. Elle consiste en une chimiothérapie orale (comprimés à avaler), appelée TEMODAL (Témozolomide(R)). Une surveillance clinique et biologique étroite est réalisée, comprenant notamment une numération de formule sanguine et un bilan hépatique.

Sur le plan clinique, des traitements à visée anti-inflammatoire, anti-épileptiques et anti-nauséeux peuvent également être associés.

 

Surveillance et traitement d’entretien

Au décours de la chimio-radiothérapie concomitante, une réévaluation par IRM cérébrale est réalisée tous les 3 mois. Cependant, selon l’état du patient, il est recommandé de réaliser une IRM à 1 mois afin d’instaurer une chimiothérapie adjuvante par TEMODAL à prendre 5 jours/mois pendant 6 mois.

 

Traitement des récidives

A l’heure actuelle, il n’existe pas de recommandations uniques. Le traitement des récidives dépendra de l’état du patient, de la localisation de la maladie et des comorbidités.

Il peut consister en une reprise chirurgicale, une nouvelle radiothérapie (par des techniques conformationnelles en modulation d’intensité) ou par des traitements systémiques à type chimiothérapie ou anti-angiogéniques.

De nombreuses recherches et progrès sont actuellement en cours dans le traitement du glioblastome. Plusieurs essais cliniques permettent de mieux connaître cette maladie et ses conséquences afin de poursuivre la lutte contre cette pathologie avec des thérapeutiques de plus en plus adaptées.

Dr Pauline CASTELNAU-MARCHAND

Le Dr Pauline Castelnau-Marchand a rejoint l’équipe de l’Institut de Radiothérapie Hartmann en 2020, afin de poursuivre son activité médicale et de recherche, elle est notamment très impliquée dans la prise en charge des cancers du sein chez les femmes jeunes, des cancers ORL, urologiques ou encore digestifs. Le Docteur Castelnau-Marchand est également engagée dans l’enseignement et la formation médicale, en tant que vice-présidente du Club des Oncologues Radiothérapeutes Parisiens (CORP) depuis 2018.

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