15 mai 2022

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La prise en charge du cancer des os : Symptômes, diagnostic et traitements

Catégorie(s) : cancer des os
prise en charge du cancer des os
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Les cancers des os sont des cancers rares, représentant moins de 1 % de tous les cancers diagnostiqués chaque année en France. Ce sont, en revanche, des cancers fréquemment rencontrés chez les enfants, environ la moitié des patients concernés étant âgée de moins de 20 ans.

Il convient de ne pas confondre le cancer des os primitif avec les métastases osseuses, des tumeurs secondaires issues de cancers d’autres organes (sein, poumon, prostate, etc.), dont la prise en charge diffère, la vidéo ci après explicite les spécificités propre à chacun des 2 types :

 

Le cancer des os, qu’est-ce que c’est ?

On parle de cancer des os pour désigner, de manière générale, les tumeurs malignes du squelette. Dans les faits, il n’existe pas un cancer des os, mais une variété de tumeurs osseuses distinctes. Les tumeurs malignes sont des masses, des grosseurs, constituées d’un amas de cellules qui prolifèrent de manière anarchique et incontrôlable.

On caractérise les cancers en fonction du type de cellules qui les composent, ces dernières étant toujours issues de cellules saines naturellement présentes dans l’organisme. Les cancers des os les plus fréquemment rencontrés sont l’ostéosarcome, qui représente un peu plus de la moitié des tumeurs osseuses, puis le sarcome d’Ewing, qui arrive en deuxième position, suivi du chondrosarcome.

  1. L’ostéosarcome est une tumeur maligne rare, mais agressive, qui se développe à partir des ostéoblastes, cellules composant les tissus osseux jeunes. C’est un cancer qui affecte typiquement les os longs (tibia, fémur, etc.) et touche préférentiellement la région du genou. Les hommes de moins de 20 ans sont significativement plus représentés parmi les patients atteints d’ostéosarcome.
  2. Le sarcome d’Ewing est une tumeur maligne rare qui se développe à partir des cellules du mésenchyme, à l’origine de la production de l’essentiel des tissus osseux – dont les ostéoblastes.Comme l’ostéosarcome, il touche plutôt les jeunes garçons, avec un âge moyen au diagnostic de 13 ans. Il peut apparaître sur n’importe quel os du squelette, mais on le retrouve surtout au niveau de la partie inférieure du corps (bassin, jambes, etc.).
  3. Enfin, le chondrosarcome est une tumeur maligne des cartilages. Bien qu’il puisse être agressif, il évolue plus volontiers lentement, et touche autant les hommes que les femmes. C’est plutôt un cancer de l’adulte, que l’en rencontre essentiellement chez les patients et patientes de 30 à 50 ans.

Lire aussi notre article sur la fatigue chez le patient atteint d’un cancer

 

Diagnostic du cancer des os

Les cancers des os n’ont, pour seul symptôme, que des douleurs ostéoarticulaires persistantes, ayant tendance à s’aggraver avec le temps. Ce sont, en somme, des maladies relativement discrètes dont le diagnostic est souvent tardif. Lorsqu’un cancer des os est suspecté, des examens d’imagerie médicale sont indispensables pour établir un diagnostic précis et évaluer l’étendue des lésions.

L’examen de diagnostic de référence est une radiographie, habituellement complétée par une I.R.M. permettant d’évaluer l’envahissement des tissus mous. Une biopsie complète typiquement le diagnostic. Cette intervention consiste à prélever des cellules cancéreuses pour les analyser au microscope en laboratoire (examen anatomopathologique).

IRM Prostatique

L’analyse anatomopathologique des cellules cancéreuses permet d’en apprendre plus sur la nature du cancer, son stade, son grade et ses éventuels marqueurs. Il s’agit d’une étape essentielle du diagnostic, sur laquelle repose l’élaboration d’un protocole de traitement adapté à l’agressivité de la maladie, à ses risques de récidive et à son pronostic.

L’identification de marqueurs permet, en outre, d’opter pour des traitements plus ciblés, plus efficaces, et de prédire la réponse probable du cancer aux traitements.

 

Traitements du cancer des os

La chirurgie est le traitement de première intention des tumeurs osseuses, mais chaque protocole de traitement est élaboré au cas par cas en fonction du type de cancer diagnostiqué. En cas d’ostéosarcome et de sarcome d’Ewing, on procède habituellement à une chimiothérapie néoadjuvante, c’est-à-dire administrée avant la chirurgie. La chimiothérapie néoadjuvante vise à diminuer les risques de dissémination des cellules cancéreuses dans l’organisme lors de l’intervention chirurgicale.

La chirurgie, quant à elle, permet d’ôter la tumeur cancéreuse pour éviter qu’elle ne se propage. Lorsque le cancer s’est déjà propagé, la chirurgie vise davantage à ralentir l’évolution de la maladie et à réduire les symptômes.

En fonction du niveau de risque de récidive établi lors de l’analyse anatomopathologique de la tumeur, des traitements de radiothérapie et de chimiothérapie adjuvants peuvent compléter la chirurgie.

 

Radiothérapie du cancer des os

La radiothérapie n’est pas systématiquement utilisée pour traiter le cancer des os. Lorsqu’elle est administrée, c’est surtout dans le cadre de la prise en charge du sarcome d’Ewing, et en complément d’une chimiothérapie et d’une chirurgie. Son premier objectif est alors de réduire les risques de récidive en éliminant les cellules cancéreuses qui ont potentiellement pu résister aux deux premiers traitements.

Pour ce faire, le traitement par radiothérapie consiste à irradier la région de la tumeur à l’aide de rayons ionisants qui détruisent les cellules cancéreuses et altèrent leur ADN pour les empêcher de se réparer. Dans le cas de tumeurs osseuses non opérables, la radiothérapie peut permettre de ralentir la progression de la maladie et d’améliorer le confort de vie du patient en réduisant ses symptômes douloureux.

Lire aussi notre article sur les effets secondaires possibles de la radiothérapie

Les cancers des os sont des pathologies sévères, mais heureusement très rares. Par ailleurs, les progrès de la recherche oncologique, notamment en immunothérapie, apportent de nouveaux espoirs dans la prise en charge ces maladies agressives. L’immunothérapie est actuellement en cours d’évaluation dans la prise en charge des ostéosarcomes métastatiques et, aux vues de ses résultats prometteurs, est probablement en phase de voir son application étendue à d’autres types d’ostéosarcomes.

Ilan Darmon

Le Dr Ilan Darmon fait partie de l'équipe médicale de l'Institut de Radiothérapie et de Radiochirurgie H. Hartmann qu’il a rejoint depuis 2018, après 3 années d’exercice à l'Institut Curie Paris comme Praticien Assistant Spécialiste des Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC).

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