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H. HARTMANN

17 novembre 2025

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Polynucléaires neutrophiles et chimioradiothérapie

Catégorie(s) : Informations, Traitements
Polynucléaires neutrophiles et chimioradiothérapie
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La chimioradiothérapie est un traitement combiné qui associe chimiothérapie et radiothérapie pour renforcer l’effet contre la tumeur. Cette stratégie améliore le contrôle de la maladie mais peut fragiliser temporairement les défenses immunitaires, en particulier les polynucléaires neutrophiles qui protègent des infections.

Tout l’enjeu consiste à traiter efficacement sans interrompre le protocole. C’est pourquoi la planification tient compte du nadir, c’est à dire le moment où les globules blancs atteignent leur point le plus bas après une cure. Des analyses sanguines régulières jalonnent le parcours de soin afin de suivre cette période de vulnérabilité, d’ajuster le calendrier si nécessaire et de maintenir la sécurité du patient.

Comment la chimioradiothérapie interagit avec l’organisme ?

La chimioradiothérapie correspond à l’association planifiée d’une chimiothérapie systémique et d’une radiothérapie locale ou loco régionale, l’une potentialisant l’efficacité de l’autre sur la tumeur.

La chimiothérapie agit dans tout l’organisme et cible les cellules à division rapide, elle peut freiner la production médullaire de globules blancs, de globules rouges et de plaquettes, et fragiliser les muqueuses digestive et buccale.

La radiothérapie délivre une énergie précisément orientée vers la zone malade afin d’endommager l’ADN tumoral, une part des tissus sains voisins reçoit néanmoins une dose qui contribue aux effets secondaires. L’interaction des deux modalités peut être additive ou synergique sur la tumeur, elle peut aussi majorer certaines toxicités, en particulier l’immunodépression et les inflammations muqueuses.

Le moment où la numération sanguine, surtout les neutrophiles, atteint son niveau le plus bas après la cure est appelé le nadir. Il survient classiquement quelques jours à quelques semaines selon le protocole, avec un risque infectieux accru lorsque les neutrophiles chutent.

Anticiper ce creux hématologique guide la planification des séances, l’espacement des cures et l’intensité de la surveillance clinique et biologique. L’objectif est de maintenir l’efficacité oncologique tout en sécurisant le patient pendant cette période de vulnérabilité transitoire.

Planifier les séances autour du nadir

Chaque lignée sanguine a son propre nadir, c’est à dire le point le plus bas après une cure. Pour les leucocytes, il survient le plus souvent entre J7 et J10 selon les protocoles, parfois jusqu’à J14. Anticiper ce creux hématologique guide le calendrier des cures et des fractions d’irradiation afin d’éviter les superpositions les plus à risque lorsque l’état tumoral le permet.

La radiothérapie vise la continuité et s’adapte en cas de neutropénie, qui correspond à une baisse des polynucléaires neutrophiles et non de tous les leucocytes, en privilégiant des ajustements temporaires pragmatiques plutôt qu’une interruption prolongée. Des contrôles réguliers de la numération formule sanguine autour des périodes attendues de nadir et une information claire du patient sur les signes d’alerte comme la fièvre ou des symptômes infectieux permettent une prise en charge précoce et sécurisée.

Optimiser la planification en radiothérapie

L’objectif est de traiter la tumeur sans affaiblir inutilement le sang et la moelle osseuse qui le fabrique. Pour y parvenir, l’équipe dessine avec précision la zone à traiter et les zones à protéger sur les images d’IRM ou de scanner.

Plus la cible est définie finement, moins les tissus sains reçoivent d’irradiation. Une attention particulière est portée aux régions riches en moelle osseuse, car c’est là que se forment les globules blancs. Les plans de traitement sont ensuite calculés pour concentrer la dose là où elle est utile et réduire au maximum la petite dose qui se diffuse autour. Le choix de la technique et de l’orientation des faisceaux se fait au cas par cas. Le cap reste le même pour chaque patient. Obtenir le meilleur contrôle tumoral tout en conservant des défenses immunitaires suffisantes pour poursuivre le protocole en sécurité.

Préserver les globules blancs est essentiel, car ils constituent la première ligne de défense contre les infections et aident l’organisme à récupérer entre les séances. Limiter leur baisse réduit le risque d’épisodes infectieux et évite des retards de traitement qui pourraient diminuer l’efficacité globale de la prise en charge.

Coordination au sein de l’équipe et en RCP

À l’Institut de radiothérapie et de Radiochirurgie H. Hartmann, les décisions sont prises collectivement par l’équipe d’oncologie radiothérapeutique et discutées en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) lorsque nécessaire.

Cette organisation permet d’ajuster le traitement au fil des semaines avec un double objectif. Efficacité contre la tumeur et sécurité pour le patient. Si les globules blancs chutent, l’équipe peut proposer des injections qui stimulent la moelle osseuse afin de fabriquer plus vite des défenses immunitaires. On parle de facteurs de croissance. Dans des situations très exposées, des antibiotiques peuvent être prescrits de façon préventive pendant la période à risque.

L’idée n’est pas d’ajouter des traitements par principe, mais de protéger le patient lors des moments les plus fragiles et d’éviter des pauses inutiles. Chaque décision est individualisée en fonction de l’état général, du type de tumeur et du calendrier des séances.

La conduite à tenir dépend du niveau de baisse des neutrophiles, de la présence de fièvre et du protocole en cours. La surveillance des prises de sang est rapprochée et l’examen clinique se fait rapidement. En cas de fièvre avec neutrophiles très bas, des antibiotiques sont débutés sans attendre les résultats des prélèvements afin de couvrir au plus vite les infections possibles. Les séances reprennent dès que les conditions de sécurité sont réunies, avec une explication simple des ajustements de calendrier et de leurs raisons. Cette transparence favorise l’adhésion du patient et limite l’anxiété.

Prévenir et gérer la neutropénie permet de poursuivre la chimioradiothérapie dans de bonnes conditions. Une planification précise, des doses adaptées et une coordination étroite au sein de l’équipe, avec recours si besoin aux facteurs de croissance préventifs et aux antibiotiques, limitent le risque d’infection et évitent les pauses inutiles. Les bilans sanguins réalisés tout au long du traitement guident les décisions et sécurisent chaque étape. En cas de fièvre, de frissons, de toux inhabituelle ou de malaise, il est recommandé de contacter sans délai l’équipe médicale ou de se rendre aux urgences les plus proches. Ce suivi attentif permet d’allier efficacité thérapeutique et protection du patient.

Dr Hanène Boudabous

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