ElsanINSTITUT DE RADIOTHÉRAPIE ET DE RADIOCHIRURGIE H. HARTMANN

H. HARTMANN

4 août 2026

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Coloscopie et sang dans les selles – Parcours de dépistage du cancer colorectal

Coloscopie et sang dans les selles Dépistage du cancer colorectal
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La présence de sang dans les selles n’est jamais anodine. Elle peut provenir d’une simple lésion bénigne, mais peut parfois révéler une anomalie plus sérieuse du côlon ou du rectum. L’examen de référence pour en déterminer la cause est la coloscopie qui permet à la fois de diagnostiquer et de traiter certaines lésions précancéreuses.

Quand faut-il consulter en cas de sang dans les selles ?

La coloration rouge ou noire des selles peut traduire une hémorragie digestive basse. Si le saignement est abondant, ou s’il s’agit de sang dans les urines, et qu’il s’accompagne de malaise, pâleur, sueurs ou accélération du rythme cardiaque, il s’agit d’une urgence médicale.

En dehors de ces situations, la présence répétée de sang doit motiver à consulter rapidement le médecin traitant. L’origine peut être anale (hémorroïdes, fissure), colique (polypes, inflammation) ou tumorale. Le praticien réalise un examen clinique, notamment un toucher rectal, et dirige vers un gastro-entérologue pour pratiquer une coloscopie si besoin.

Avant la consultation, il est utile de noter certaines informations qui pourront aider le médecin comme :

  • La quantité et la fréquence du saignement
  • La couleur du sang (rouge vif ou foncé)
  • Les symptômes associés : douleurs, constipation, diarrhée, démangeaisons, perte d’appétit ou fatigue
  • Les médicaments pris récemment, notamment les anticoagulants ou anti-inflammatoires

À savoir : un test immunologique de dépistage du cancer colorectal, proposé tous les 2 ans entre 50 et 74 ans, permet de détecter la présence de sang microscopique dans les selles. En cas de résultat positif, une coloscopie est systématiquement prescrite.

Qu’est-ce qu’une coloscopie ?

La coloscopie consiste à explorer l’intérieur du côlon et du rectum à l’aide d’un tube souple muni d’une caméra. L’examen est réalisé par un gastro-entérologue sous anesthésie et dure environ 30 minutes. Elle permet de visualiser la muqueuse, de faire des biopsies ou d’enlever des polypes susceptibles d’évoluer en cancer.

L’examen est indiqué pour :

  • Rechercher la cause de sang dans les selles, d’un taux de ferritine bas ou d’une anémie inexpliquée
  • Explorer des douleurs abdominales ou troubles du transit persistants
  • Surveiller après un test de dépistage du cancer colorectal positif ou une chirurgie du côlon

La préparation repose sur un régime sans résidus, l’ingestion d’une solution de lavage et un jeûne avant l’examen. Pendant la coloscopie, un léger gaz est administré pour déployer les parois et pour bien tout observer.

À savoir : une coloscopie virtuelle (par scanner ou IRM) peut être utilisée lorsque l’examen endoscopique classique est contre-indiqué, mais elle ne permet ni prélèvements ni gestes thérapeutiques.

Comment se passe le dépistage du cancer colorectal ?

Le dépistage organisé du cancer colorectal repose sur un test immunologique à réaliser à domicile pour rechercher la présence de sang invisible à l’œil nu. Dans 96 % des cas, le test est négatif.

Mais en cas de résultat positif (4 %), une coloscopie est indiquée pour vérifier l’existence de polypes ou d’un cancer. Lors de l’examen, les polypes détectés sont généralement retirés afin d’éviter leur transformation en tumeur.

Néanmoins, certaines formes de cancer peuvent ne pas saigner. Il faut donc rester vigilant en cas de douleurs abdominales ou de troubles digestifs persistants, même avec un test négatif.

L’équipe de l’Institut de Radiothérapie et de Radiochirurgie Hartmann participe à la prise en charge multidisciplinaire des cancers colorectaux lorsque la radiothérapie est nécessaire (par exemple : pour les tumeurs du rectum localement avancées).

Parcours de dépistage du cancer colorectal étape par étape

Étape Action Qui ? Résultat attendu
1 Test immunologique à domicile Patient 50-74 ans Résultat positif ou négatif
2 Résultat négatif (96 % des cas) Patient Renouveler tous les 2 ans
3 Résultat positif (4 % des cas) Médecin traitant Prescription d'une coloscopie
4 Coloscopie sous anesthésie Gastro-entérologue Détection et retrait des polypes
5 Biopsies analysées Anatomopathologiste Diagnostic précis
6 Prise en charge thérapeutique Équipe pluridisciplinaire Chirurgie / chimio / radiothérapie

Risques et suites de la coloscopie

L’examen est généralement bien toléré. Une fatigue passagère, de légers ballonnements ou un petit saignement peuvent survenir après l’intervention.

Les complications graves sont rares :

  • Perforation intestinale
  • Saignement important nécessitant un geste endoscopique
  • Réaction au sédatif ou infection exceptionnelle

Le patient est surveillé quelques heures après l’examen et peut reprendre ses activités le lendemain.

À savoir : les taux de complications augmentent légèrement après 70 ans. La coloscopie doit donc être discutée au cas par cas chez les personnes âgées ou fragiles.

Coloscopie : bénéfices et risques à connaître

Aspect Détail Fréquence / Niveau
Bénéfice Visualisation complète de la muqueuse Systématique
Bénéfice Retrait des polypes précancéreux En cas de découverte
Bénéfice Biopsies pour diagnostic précis En cas de lésion
Inconvénient Fatigue et ballonnements post-examen Fréquent / bénin
Inconvénient Perforation intestinale Rare
Inconvénient Saignement nécessitant un geste Rare
Inconvénient Risque accru après 70 ans À évaluer au cas par cas

Comment interpréter les résultats de coloscopie ?

Un résultat normal exclut toute lésion visible. En revanche, la coloscopie peut révéler :

  • Des polypes (lésions bénignes pouvant devenir cancéreuses)
  • Une inflammation (colite, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique)
  • Une diverticulose ou des angiodysplasies
  • Un cancer colorectal à un stade précoce

Les prélèvements réalisés (biopsies) sont ensuite analysés pour préciser le diagnostic et programmer la suite.

En présence d’un cancer colorectal, la prise en charge thérapeutique peut comprendre une radiothérapie pour détruire les cellules résiduelles ou traiter les récidives locales. Les techniques modernes d’irradiation, dont la radiothérapie stéréotaxique, utilisées à l’Institut H. Hartmann permettent de cibler la zone avec encore plus de précision tout en préservant les tissus sains (en complément d’une chimiothérapie ou d’une chirurgie).

Le dosage du taux de neutrophiles peut donc être un outil précieux dans le dépistage et le suivi des pathologies cancéreuses et inflammatoires.

 

Questions fréquentes sur le sang dans les selles et la coloscopie

Que signifie avoir du sang dans les selles ?

Le sang dans les selles peut avoir plusieurs origines : hémorroïdes, fissures anales, polypes, inflammation du côlon ou, plus rarement, un cancer colorectal. Une couleur rouge vif indique généralement un saignement bas (rectum, anus), tandis qu'une couleur noire évoque un saignement plus haut dans le tube digestif. Tout saignement inexpliqué ou répété doit être évalué rapidement par un médecin, même en l'absence d'autres symptômes.

Quand faut-il consulter en urgence pour du sang dans les selles ?

Une consultation en urgence s'impose si le saignement est abondant et s'accompagne de malaise, pâleur, sueurs, vertiges ou accélération du rythme cardiaque. Ces signes peuvent indiquer une hémorragie digestive grave nécessitant une prise en charge immédiate. En dehors de ces situations, un saignement récurrent sans ces symptômes doit conduire à une consultation rapide chez le médecin traitant dans les jours suivants.

Comment se déroule une coloscopie ?

La coloscopie est réalisée par un gastro-entérologue sous anesthésie générale ou sédation. Un tube souple muni d'une caméra est introduit dans le côlon via l'anus pour visualiser la muqueuse intestinale. L'examen dure environ 30 minutes. Il permet de détecter des polypes, de réaliser des biopsies ou d'enlever directement des lésions précancéreuses. Une préparation intestinale est nécessaire la veille pour nettoyer le côlon.

La coloscopie est-elle douloureuse ?

Non, la coloscopie n'est pas douloureuse car elle est réalisée sous anesthésie ou sédation. Le patient ne ressent rien pendant l'examen. Après la procédure, de légers ballonnements ou une sensation de gêne abdominale peuvent apparaître en raison du gaz insufflé pendant l'examen, mais ces inconforts disparaissent rapidement. Le patient est surveillé quelques heures puis peut rentrer chez lui et reprendre ses activités dès le lendemain.

À partir de quel âge faut-il faire un dépistage du cancer colorectal ?

Le dépistage organisé du cancer colorectal est recommandé entre 50 et 74 ans en France. Il repose sur un test immunologique gratuit, proposé tous les 2 ans, à réaliser à domicile. En cas de résultat positif, une coloscopie est prescrite. Avant 50 ans, un dépistage plus précoce est conseillé en présence d'antécédents familiaux de cancer colorectal ou de polypes, ou en cas de symptômes répétés comme du sang dans les selles.

Références bibliographiques

  1. Robertson DJ, Rex DK, Ciani O et al.. « Colonoscopy vs the Fecal Immunochemical Test: Which is Best? ». Gastroenterology. 2024. 166(5):758-771. PubMed PMID:38342196
  2. « Le dépistage du cancer colorectal en pratique ». e-cancer.fr. Voir la source
  3. « Faire le test – Cancer colorectal – Je fais mon dépistage ». e-cancer.fr. Voir la source
  4. « Pourquoi faire ce dépistage ? – Cancer colorectal ». e-cancer.fr. Voir la source
  5. « Le cancer colorectal ». e-cancer.fr. Voir la source

Dr Clémentine Besnard

Le Dr Clémentine Besnard a effectué ses études médicales à l'Université Paris V René Descartes. Durant son internat elle a perfectionné ses compétences en Oncologie Médicale à l’Institut Curie et à l’Hôpital Européen Georges Pompidou, et en Oncologie-Radiothérapie à l’hôpital Henri Mondor, à la Pitié Salpêtrière, à l’Institut Gustave Roussy, et à l’Institut Hartmann. Consulter la fiche du Dr Clémentine Besnard

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