Traitements

Cancer des amygdales : symptômes, diagnostic et traitements

5/5 - (1 vote)

Le cancer des amygdales fait partie des tumeurs malignes de l’oropharynx. Il se développe majoritairement à partir des amygdales palatines, situées de chaque côté du voile du palais. Tabac, alcool et infection par le papillomavirus humain (HPV) font partie des causes principales. Ce type de cancer évolue souvent de façon silencieuse, ce qui complique son dépistage précoce. Pourtant, grâce à des traitements de plus en plus ciblés (chirurgie, radiothérapie conformationnelle, voire chimiothérapie adjuvante), les chances de survie s’améliorent.

Qu’est-ce qu’une tumeur maligne des amygdales ?

Une tumeur maligne des amygdales correspond à une prolifération anormale de cellules dans le tissu lymphoïde des amygdales palatines. Elle appartient au groupe des carcinomes épidermoïdes dans plus de 90 % des cas, un type de cancer infiltrant qui prend naissance au niveau des cellules qui tapissent la muqueuse. Plus rarement, on observe des lymphomes amygdaliens, de nature hématologique.

Environ 2 000 nouveaux cas sont recensés chaque année en France, soit 10 à 15 % des cancers ORL. Le virus HPV, notamment le génotype 16, est impliqué dans un nombre croissant de diagnostics, en particulier chez les patients jeunes et non-fumeurs. Ces formes virales ont un meilleur pronostic tumoral, avec une meilleure réponse à la radiothérapie et un taux de survie plus élevé.

Les tumeurs de l’oropharynx, dont font partie les cancers des amygdales, sont encore trop souvent diagnostiquées à un stade avancé (stades III ou IV selon la classification TNM), ce qui impacte directement les chances de survie. La survie nette à 5 ans est estimée à 41 % chez les hommes et 53 % chez les femmes, selon les données les plus récentes de Santé Publique France, toutes localisations ORL confondues.

Comment se manifeste le cancer des amygdales ? Symptômes

Ce type de cancer peut se développer sans provoquer de symptômes très spécifiques dans un premier temps. Mais il est possible de reconnaître certains signes qui doivent motiver une consultation.

Les manifestations les plus fréquentes sont :

  • Une odynophagie unilatérale (douleur à la déglutition d’un seul côté)
  • Une dysphagie progressive (gêne pour avaler)
  • Une otalgie réflexe (douleur irradiant vers l’oreille)
  • Une adénopathie cervicale (gonflement ganglionnaire dans le cou)
  • Une halitose (mauvaise haleine persistante)
  • Une perte de poids involontaire

Il est cependant fréquent que ces symptômes soient confondus avec une simple angine chronique ou une affection virale banale. Toute gêne asymétrique ou persistante au-delà de deux semaines, notamment chez un patient tabagique ou alcoolique, doit mettre la puce à l’oreille et faire évoquer une lésion douteuse.

Tumeur amygdalienne : diagnostic

Le diagnostic repose sur une évaluation clinique ORL complète, suivi de différents examens. L’examen clinique initial inclut une inspection endobuccale et une palpation cervicale à la recherche d’adénopathies suspectes.

En cas de doute, une panendoscopie diagnostique est réalisée sous anesthésie générale. Cet examen endoscopique permet d’explorer l’ensemble du pharynx et du larynx, et surtout de réaliser des prélèvements ciblés pour l’analyse anatomopathologique.

Un bilan d’extension avec divers examens permet ensuite de visualiser l’extension de la maladie. Il peut inclure :

  • Un scanner cervico-thoracique pour évaluer la tumeur et les aires ganglionnaires régionales
  • Une IRM de la sphère ORL pour préciser les limites d’invasion
  • Une radiographie pulmonaire ou un TEP-scan en cas de suspicion de métastases

La classification TNM est utilisée pour déterminer le stade évolutif de la maladie (taille de la tumeur, envahissement ganglionnaire, métastases à distance). Ces éléments permettent d’oriter la stratégie thérapeutique, discutée lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), à l’Institut de Radiothérapie et de Radiochirurgie H. Hartmann.

Cancer des amygdales : quels traitements ?

La prise en charge repose sur des traitements qui peuvent combiner chirurgie, radiothérapie et parfois chimiothérapie, selon le stade de la maladie, l’état de santé général du patient et ses comorbidités.

Chirurgie des amygdales

Lorsque la tumeur est accessible et bien localisée, une résection tumorale peut être réalisée par voie endobuccale ou transmaxillaire. Dans certains cas, une bucco-pharyngectomie transmaxillaire set nécessaire : elle consiste à retirer tout ou partie de la tumeur, des tissus de l’oropharynx et parfois des structures osseuses adjacentes, avec un curage ganglionnaire cervical associé.

Chez les patients fragiles, une exérèse plus limitée par électrochirurgie peut être envisagée dans les formes précoces, avec une convalescence plus simple.

Radiothérapie des amygdales

La radiothérapie conformationnelle à modulation d’intensité (RCMI) est aujourd’hui la norme. Elle permet de délivrer des doses élevées de rayonnement à la tumeur tout en protégeant les organes à risque (glandes salivaires, moelle cervicale, langue).

Elle est souvent utilisée en postopératoire pour maximiser les résultats chirurgicaux. Dans certains cas, elle est proposée en traitement exclusif, notamment si la chirurgie est contre-indiquée ou non souhaitée.

Chimiothérapie pour tumeur des amygdales

La chimiothérapie est peu utilisée dans ce contexte et reste réservée à certaines indications :

  • En néoadjuvant, pour réduire le volume tumoral avant un geste opératoire ou une radiothérapie
  • En concomitant, en association à la radiothérapie dans les formes localement avancées
  • En adjuvant, si le risque de récidive est élevé après chirurgie

Les molécules utilisées sont le plus souvent à base de sels de platine.

Malgré la sévérité de ce cancer, les progrès en imagerie, en radiothérapie et en reconstruction chirurgicale permettent aujourd’hui une prise en charge plus ciblée et mieux adaptée. Chez les patients porteurs d’une tumeur dite HPV-induite, les perspectives sont particulièrement encourageantes, avec des taux de réponse bien favorables. L’équipe de l’Institut Hartmann accompagne chaque patient pour maximiser les chances de guérison.

Dr Yasmina Moukasse

Le Dr Moukasse est spécialiste en onco-radiothérapie, avec un parcours international, notamment à l’Institut National d’Oncologie de Rabat, établissement de référence en cancérologie au Maroc, accrédité par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) en tant que centre collaborateur, et à l’Institut Gustave Roussy, 1er Centre de Lutte Contre le Cancer en Europe. Consulter la fiche du Dr Yasmina Moukasse