Cancer de l'anus

Le cancer de l’anus : points clés et symptomes

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Le cancer de l’anus, ou cancer du canal anal, est une pathologie rare, heureusement souvent diagnostiquée à un stade précoce de son évolution du fait de l’apparition de symptômes détectables dès ses prémices.

La prise en charge de cette maladie devant plus délicate à mesure de son évolution vers une forme généralisée, il est essentiel de demeurer particulièrement attentif à l’apparition de ces symptômes précoces du cancer de l’anus pour bénéficier de traitements performants et d’un bon pronostic.

Facteurs de risque du cancer de l’anus

L’infection au papillomavirus humain (HPV), également responsable de la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus, est un facteur de risque majeur du cancer de l’anus. On retrouve les génotypes 16 et 18 du HPV dans plus de 90 % des tumeurs anales.

Des antécédents médicaux de cancers affectant le col de l’utérus ou d’autres organes de l’appareil reproducteur bas chez la femme (vulve, vagin, etc.) sont également des facteurs de risque.

En tout état de cause, les comportements favorisant la transmission et le développement de MST, dont le HPV, mais aussi le VIH, sont des facteurs de risque établis : antécédents de MST (ou IST), partenaires sexuels multiples, relations sexuelles anales, etc.

Le tabagisme, les traitements médicaux affectant le système immunitaire (cortisone, corticoïdes, etc.) et les maladies auto-immunes (lupus, immunodépression, etc.) augmentent également les risques.

Symptômes du cancer du canal anal

Dès ses premiers stades d’évolution, le cancer de l’anus peut se manifester par différents symptômes localisés : saignements anneaux, douleurs ou gênes lors de la défécation, lésions anales, incontinence, etc.

Il est important de consulter un médecin rapidement lorsque ce type de symptômes est observé, et notamment chez la population à risque (pratiques sexuelles à risque, séropositivité, antécédents médicaux, etc.).

En effet, si le cancer de l’anus est une maladie à bon pronostic lorsqu’elle est prise en charge précocement, son traitement peut être plus lourd et son issue moins favorable lorsqu’il est pris en charge tardivement.

Consultez également notre article sur les symptômes du cancer du colon 

Diagnostic du cancer de l’anus

Le diagnostic du cancer de l’anus débute habituellement par un examen clinique qui inclut typiquement un questionnaire sur les antécédents médicaux et familiaux du patient, ainsi qu’un toucher rectal permettant de rechercher une tumeur à la palpation.

Une biopsie est ensuite pratiquée pour prélever quelques cellules des lésions anales détectées afin de les examiner en laboratoire. Cet examen, l’analyse anatomopathologique, permet de déterminer le potentiel cancéreux des lésions.

Une fois le diagnostic de cancer de l’anus établi, un bilan d’extension est réalisé au moyen de différents examens d’imagerie médicale.

Ces derniers permettent d’évaluer l’étendue de la maladie, de rechercher d’éventuelles métastases et déterminer le volume, la forme et la position de la tumeur afin de préparer sa prise en charge.

Traitements du cancer du canal anal

 Le traitement du cancer de l’anus fait l’objet d’une prise en charge pluridisciplinaire adaptée à chaque patient et au type de tumeur diagnostiquée. Dans plus de 95 % des cas, le cancer de l’anus est un carcinome épidermoïde.

Les différentes thérapies de la prise en charge du cancer de l’anus

La radiothérapie est le traitement de référence du carcinome épidermoïde de l’anus. Elle est indiquée dès le premier stade de la maladie, et demeure le traitement de première ligne aux stades suivants, en association avec la chimiothérapie.

La chirurgie est rarement indiquée, sauf en cas de petites tumeurs de moins de 2 cm opérables avec une marge d’au moins 1 mm ou, à l’inverse, en cas de maladie infiltrante de stade avancé, auquel cas l’opération de référence est une ablation des organes abdomino-pelviens (chirurgie radicale).

Typiquement, la chirurgie radicale est un traitement de dernier recours réservé aux patients qui ne peuvent pas bénéficier de traitement conservateur (radiothérapie et chimiothérapie), ou après échec de ces traitements.

Pour cause, elle engendre des séquelles importantes et induit souvent en la mise en place d’une colostomie à vie qui peut fortement impacter la qualité de vie.

Si la perspective d’une prise en charge chirurgicale du cancer de l’anus peut être anxiogène, il est important de noter que 80% des tumeurs anales sont diagnostiquées à un stade précoce ou régionalement avancé.

La chirurgie peut alors être évitée et les traitements conservateurs sont habituellement efficaces, offrant une guérison durable ou définitive dans près de 80 % des cas.

Place de la radiothérapie dans la prise en charge du cancer du canal anal

La radiothérapie adopte une place centrale dans la prise en charge du cancer de l’anus. Elle constitue typiquement le traitement exclusif des tumeurs de stade précoce.

La technique de référence est une radiothérapie externe, parfois associée à une radiothérapie interne (curiethérapie) qui permet de maximiser l’effet des irradiations sur les cellules cancéreuses.

Lors de la prise en charge des tumeurs anales de stade II et plus, la radiothérapie est couramment associée à une chimiothérapie, ces deux traitements ayant la capacité de renforcer leurs effets mutuels.

Espérance de vie relative au cancer de l’anus

En moyenne, le taux de survie nette à 5 ans du cancer de l’anus est de 66 %. Il est important de noter que ces statistiques ne sont que des données globales reflétant une tendance de groupe.

Il n’est pas pertinent de les appliquer à une personne en particulier, car, par définition, la moyenne de survie d’un groupe de patients ne correspond pas à la survie de chaque personne du groupe.

De fait, le pronostic de chaque patient varie en fonction de multiples facteurs à la fois personnels, c’est-à-dire relatifs à son profil (âge, état de santé, comorbidités, etc.), et médicaux (type de tumeur, agressivité de la maladie, stade d’évolution, traitements mis en œuvre, etc.).

Par ailleurs, la réponse de la maladie aux traitements mis en œuvre comporte toujours une part d’imprévisibilité et peut varier d’un patient à un autre. Enfin, les statistiques de survie générales ne sont pas nécessairement à jour au regard des nouveaux traitements disponibles.

Ilan Darmon

Le Dr Ilan Darmon fait partie de l'équipe médicale de l'Institut de Radiothérapie et de Radiochirurgie H. Hartmann qu’il a rejoint depuis 2018, après 3 années d’exercice à l'Institut Curie Paris comme Praticien Assistant Spécialiste des Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC).

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