Le cancer de la vessie est le deuxième cancer urologique en France après celui de la prostate, avec 13 074 nouveaux cas estimés en 2018. Il se révèle le plus souvent par du sang dans les urines. Son traitement dépend avant tout d’une question, la tumeur a-t-elle envahi ou non le muscle de la vessie ?
Le cancer de la vessie naît dans les cellules qui tapissent l’intérieur de la vessie, appelées cellules urotéliales. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un carcinome urotélial. La tumeur se développe d’abord en surface, puis peut s’enfoncer dans la paroi, atteindre le muscle de la vessie, appelé détrusor, et s’étendre aux ganglions et à d’autres organes.
Les médecins distinguent deux grandes formes, dont la prise en charge est très différente.
| Forme | Ce qui la définit | Traitement principal |
|---|---|---|
| Tumeur de vessie n'infiltrant pas le muscle (TVNIM) | La tumeur reste dans la muqueuse ou juste en dessous, sans atteindre le muscle | Résection endoscopique (RTUV), complétée selon le risque par des instillations dans la vessie, dont le BCG |
| Tumeur de vessie infiltrant le muscle (TVIM) | La tumeur atteint le muscle de la vessie ou va au-delà | Ablation de la vessie précédée d'une chimiothérapie, ou traitement trimodal avec radiothérapie chez des patients sélectionnés |
Les tumeurs qui n’infiltrent pas le muscle sont les plus fréquentes au moment du diagnostic. Elles ont un bon pronostic, mais récidivent souvent, ce qui impose une surveillance régulière par cystoscopie.
Le signe le plus fréquent est la présence de sang dans les urines, visible à l’œil nu, appelée hématurie. Elle révèle la maladie dans 80 % des cas. Elle est souvent indolore et peut disparaître puis revenir, ce qui ne doit pas rassurer. Pour en savoir plus, lisez notre article sur l’hématurie et les tumeurs du rein et de la vessie.
Environ 20 % des patients ont des signes d’irritation de la vessie, comme des envies fréquentes et pressantes d’uriner ou des brûlures, sans infection retrouvée. Aux stades avancés, des douleurs du bassin ou du dos, une fatigue et une perte de poids peuvent apparaître.
Le traitement est décidé en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec urologues, oncologues et radiothérapeutes. Il tient compte de la forme de la tumeur, de son agressivité, de l’âge, de l’état de santé et des souhaits du patient.
La résection endoscopique suffit souvent à retirer la tumeur, sans ouvrir le ventre. Selon le risque de récidive ou de progression, elle est complétée par des instillations de médicaments directement dans la vessie. Le BCG est utilisé pour les tumeurs à risque intermédiaire ou élevé, avec une phase d’induction de six instillations hebdomadaires puis un traitement d’entretien.
Le traitement de référence est l’ablation de la vessie, appelée cystectomie, avec retrait des ganglions du bassin. Elle est précédée d’une chimiothérapie à base de platine lorsque l’état de santé et la fonction des reins le permettent. Le chirurgien reconstruit ensuite une voie d’évacuation des urines.
La radiothérapie utilise des rayons de haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses en abîmant leur ADN. Dans le cancer de la vessie, il s’agit d’une radiothérapie externe, délivrée à travers la peau, sans douleur pendant la séance.
Chez certains patients atteints d’une tumeur infiltrant le muscle, une alternative à l’ablation de la vessie existe. Ce traitement dit trimodal associe trois étapes, une résection la plus complète possible de la tumeur, puis une radiothérapie externe associée à une chimiothérapie qui renforce l’effet des rayons. Les recommandations françaises le réservent à des situations précises.
La surveillance par cystoscopie se poursuit ensuite, car une partie de la vessie reste en place.
Lorsque la maladie est avancée ou que le patient ne peut pas être opéré, la radiothérapie peut soulager les symptômes, en particulier les saignements et les douleurs. Elle peut aussi traiter certaines métastases, notamment osseuses.
Pendant le traitement, les effets les plus fréquents sont des envies fréquentes d’uriner, des brûlures en urinant, des selles plus fréquentes et une fatigue. Ils régressent le plus souvent dans les semaines qui suivent la fin des séances. Les effets tardifs, comme une irritation durable de la vessie ou du rectum, sont plus rares. Pour en savoir plus, lisez notre article sur les effets secondaires possibles de la radiothérapie.
Lorsque le cancer s’est étendu à d’autres organes, le traitement repose sur des médicaments, chimiothérapie, immunothérapie et thérapies plus récentes, associés aux soins de support. Leur choix est fait en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Le pronostic dépend surtout du stade. Les tumeurs qui n’infiltrent pas le muscle ont un bon pronostic, malgré un risque de récidive. Les tumeurs infiltrantes et métastatiques sont plus graves.
En France, la survie nette à 5 ans, toutes formes confondues, est de 55 % chez l’homme et 49 % chez la femme pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015. Santé publique France précise que la baisse de survie observée depuis 1990 est probablement en partie liée à des changements dans l’enregistrement des cas, ce qui invite à lire ces chiffres avec prudence.
Le plus souvent, du sang dans les urines, visible à l'œil nu et sans douleur. Il révèle la maladie dans 80 % des cas. Tout saignement dans les urines doit faire consulter, même s'il disparaît.
Oui, surtout lorsque la tumeur a envahi le muscle ou s'est étendue. Les tumeurs qui restent en surface ont en revanche un bon pronostic. Toutes formes confondues, la survie nette à 5 ans est de 55 % chez l'homme et 49 % chez la femme en France.
Chez certains patients, oui. Le traitement trimodal associe une résection de la tumeur puis une radiothérapie avec chimiothérapie, et permet de conserver la vessie. Il est réservé aux tumeurs uniques, de stade T2 au maximum, sans carcinome in situ.
C'est la forme la plus fréquente de cancer de la vessie. Il naît dans les cellules urotéliales qui tapissent l'intérieur de la vessie et des voies urinaires.
Oui, c'est le principal facteur de risque. Arrêter de fumer réduit le risque et reste utile après le diagnostic.
Dans un traitement trimodal, la radiothérapie s'étale en général sur plusieurs semaines, à raison de séances quotidiennes du lundi au vendredi. Le nombre exact est fixé par le radiothérapeute selon la situation.
Les tumeurs qui n'infiltrent pas le muscle récidivent fréquemment, d'où une surveillance par cystoscopie pendant plusieurs années. Les instillations de BCG réduisent ce risque pour les tumeurs à risque intermédiaire ou élevé.