Le cancer de la langue fait partie des tumeurs de la cavité buccale.
Le cancer de la langue est souvent diagnostiqué à un stade précoce, en raison de la sensibilité de la langue et du fait que l’on peut bien la visualiser. Les chances de guérison sont donc plutôt bonnes.
On estime qu’environ 2 000 personnes sont diagnostiquées chaque année en France avec un taux de survie après 5 ans de l’ordre de 78 %. Les hommes sont les plus touchés, puisqu’ils représentent 1 800 des personnes diagnostiquées.
Le diagnostic est réalisé à l’âge moyen de 55 ans chez les hommes et 60 ans chez les femmes. Cependant, il peut arriver que le cancer de la langue touche des patients plus jeunes. Le type le plus fréquent de cancer de la langue est le carcinome épidermoïde.
Le tabagisme et l’alcool font partie des facteurs de risque importants de la survenue du cancer de la langue. L’infection au papillomavirus humain (HPV) est également suspectée d’augmenter le risque de développer ce type de cancer. Des lésions précancéreuses peuvent se former dans la cavité buccale et augmenter le risque de tumeur cancéreuse.
Une langue qui pique, brûle ou présente une lésion persistante est l’un des premiers signes qui doit alerter. Ces symptômes ne sont pas systématiquement liés à un cancer, mais méritent une consultation médicale dès lors qu’ils persistent au-delà de 2 à 3 semaines.
Une plaie ou ulcération sur la langue qui ne cicatrise pas en 2 semaines, une tache blanche ou rouge persistante (leucoplasie ou érythroplasie), une boule ou épaississement inexpliqué sur la langue, des douleurs à la déglutition ou à la mastication qui s’installent dans la durée, ou encore l’apparition de ganglions dans le cou sont autant de signes qui justifient une consultation sans délai.
En première intention, votre médecin généraliste peut orienter le diagnostic. Il pourra vous adresser à un stomatologue, un chirurgien maxillo-facial ou un ORL, spécialistes de la cavité buccale, pour des examens complémentaires si nécessaire.
La maladie peut ne pas engendrer de symptômes, surtout lorsque son stade est encore précoce.
Cependant, des signes cliniques peuvent être observés :
En présence de l’un ou plusieurs de ces symptômes, nous vous conseillons de consulter votre médecin par précaution. Ces signes ne sont pas nécessairement annonciateurs de cette pathologie, mais la prudence est de mise.
Lésion bien limitée en apparence de la face ventrale de langue mobile Gauche
Lésion ulcérée à la jonction base de langue, langue mobile Droite
Lésion bourgeonnante et enchâssée de la langue mobile
Le papillomavirus humain (HPV) est aujourd’hui reconnu comme un facteur de risque significatif du cancer de la langue, en particulier pour les tumeurs de la base de la langue et de l’oropharynx.
Certaines souches du HPV, notamment le HPV 16, sont associées au développement de cancers de la cavité buccale. Ces cancers liés au HPV touchent plus fréquemment des patients jeunes, sans consommation excessive d’alcool ni de tabac, ce qui modifie le profil classique du patient atteint de cancer de la langue.
Les cancers de la langue liés au HPV répondent en général mieux aux traitements par radiothérapie et chimiothérapie que les cancers non liés au HPV. Leur détection repose sur les mêmes examens diagnostiques, notamment la biopsie.
La vaccination contre le HPV, recommandée chez les jeunes avant le début de la vie sexuelle, constitue la meilleure protection contre les cancers liés à ce virus. Elle est désormais recommandée en France pour les garçons comme pour les filles.
Afin d’établir le diagnostic formel de cancer de la langue, plusieurs examens sont nécessaires. La première étape repose sur l’examen clinique et l’interrogatoire réalisés lors d’une consultation avec le médecin.
Pour pousser les investigations, des examens sont prescrits. Il peut s’agir :
Comme pour tout type de cancer, la biopsie est l’examen qui permet d’analyser les caractéristiques de la lésion suspecte pour déterminer le caractère bénin ou malin. C’est avec les résultats de celle-ci que l’équipe médicale est en mesure de savoir de quel type de cancer il s’agit.
Comme pour la plupart des cancers, le cancer de la langue est classé en stades qui permettent d’évaluer l’étendue de la maladie et d’orienter le traitement.
Les cellules cancéreuses sont présentes uniquement en surface de la muqueuse linguale, sans invasion des tissus sous-jacents. C’est le stade le plus précoce, et le plus facile à traiter.
La tumeur mesure moins de 2 cm et est localisée à la langue, sans envahissement des ganglions lymphatiques. Le pronostic est très favorable à ce stade.
La tumeur mesure entre 2 et 4 cm, toujours sans atteinte ganglionnaire. Le traitement reste efficace avec un bon taux de survie.
La tumeur dépasse 4 cm ou a commencé à envahir les ganglions lymphatiques proches. Le traitement est plus complexe et implique souvent une association chirurgie-radiothérapie.
La tumeur est étendue aux structures adjacentes (mâchoire, pharynx) ou des métastases sont présentes à distance. C’est le stade le plus avancé, qui nécessite une prise en charge multidisciplinaire intensive.
En fonction du type de tumeur et du stade de la maladie, le traitement peut reposer sur la chirurgie, la radiothérapie externe, la curiethérapie, la chimiothérapie ou les thérapies ciblées.
L’intervention chirurgicale consiste à retirer la totalité de la tumeur de la langue. Lorsque c’est possible, des techniques moins invasives sont employées.
L’irradiation de la cavité buccale est un des traitements de référence du cancer de la langue. On peut l’administrer seule, comme traitement principal, en complément d’une chirurgie ou en association à d’autres thérapeutiques. Il peut s’agir d’une irradiation externe ou d’une curiethérapie. Les deux techniques peuvent aussi être associées ensemble, dans certains cas.
Cette méthode permet d’épargner au maximum les tissus sains pour limiter l’impact sur l’apparence et les fonctions normales de la bouche. Si la radiothérapie ne réussit pas à venir à bout de la tumeur, une chirurgie de rattrapage est toujours possible pour limiter les risques de récidive et éliminer la totalité des cellules tumorales.
La radiothérapie peut être proposée après la chirurgie dans les cas suivants :
Avant de réaliser des séances d’irradiation de la langue, il est nécessaire de prendre rendez-vous chez votre dentiste pour réaliser une réhabilitation dentaire. Il vous est aussi vivement conseillé d’arrêter le tabac pour maximiser les chances de réussite de la radiothérapie et limiter la survenue des effets secondaires. Votre radiothérapeute pourra choisir entre plusieurs techniques de radiothérapie :
Après fusion avec l’IRM de la langue ou le PET SCAN, l’irradiation se déroule grâce à des faisceaux provenant de plusieurs directions pour épouser parfaitement les formes et emplacement de la tumeur. Les doses de rayons délivrées sont assez faibles pour ne pas endommager les tissus sains présents à côté de la zone à irradier. En revanche, une dose plus élevée est dirigée directement vers la tumeur.
La technique consiste à irradier la lésion en interne grâce à une source radioactive placée directement au contact de la tumeur ou dans la zone où a siégé la tumeur (si celle-ci a été enlevée lors de la chirurgie). La curiethérapie peut être envisagée en présence d’une tumeur de petite taille.
Deux méthodes sont possibles pour délivrer la curiethérapie :
L’équipe médicale choisit souvent d’associer la radiothérapie à la chimiothérapie. C’est notamment le cas lorsque le cancer de la langue a envahi les ganglions lymphatiques proches de la tumeur. Il existe plusieurs types de médicaments (ou agents chimiothérapiques) et associations médicamenteuses possibles pour traiter les tumeurs de la cavité buccale.
Ce type de traitement peut aussi être envisagé pour traiter le cancer de la langue. La thérapie ciblée agit sur un élément présent au sein des cellules tumorales (comme une protéine particulière) afin de la détruire tout en limitant les effets négatifs sur les cellules saines. On peut associer la thérapie ciblée à la chimiothérapie ou encore la radiothérapie.
Le pronostic du cancer de la langue dépend principalement du stade auquel il est diagnostiqué. Détecté tôt, ce cancer se soigne bien dans la majorité des cas.
Le taux de survie global à 5 ans est estimé à environ 78 % en France. Diagnostiqué au stade 1, ce taux peut dépasser 80 à 90 %. Au stade 4, il chute significativement, d’où l’importance d’un diagnostic précoce.
Oui, le cancer de la langue peut être fatal, principalement lorsqu’il est diagnostiqué à un stade avancé avec métastases. Cependant, la majorité des patients diagnostiqués à un stade précoce guérissent grâce aux traitements disponibles. La sensibilité de la langue et sa visibilité directe favorisent une détection rapide, ce qui constitue un avantage majeur par rapport à d’autres cancers ORL.
Le stade au moment du diagnostic est le facteur le plus déterminant. L’arrêt du tabac et de l’alcool améliore significativement la réponse au traitement et réduit le risque de récidive. La prise en charge dans un centre spécialisé et le suivi régulier post-traitement jouent également un rôle clé dans les chances de guérison.
La radiothérapie est un traitement de référence du cancer de la langue, mais elle peut entraîner des effets secondaires locaux qu’il est important d’anticiper et de prendre en charge.
Une mucite (inflammation de la muqueuse buccale) peut survenir, provoquant des douleurs et des difficultés à avaler. Une sécheresse buccale (xérostomie) est fréquente en raison de l’irradiation des glandes salivaires. Des difficultés à mastiquer et à déglutir peuvent également apparaître temporairement.
La xérostomie peut persister à long terme. Un risque d’ostéoradionécrose (nécrose de la mâchoire) existe, ce qui justifie la réhabilitation dentaire obligatoire avant tout traitement. Des troubles de la déglutition peuvent s’installer durablement dans certains cas. L’équipe médicale de l’Institut Hartmann assure un suivi personnalisé pour prévenir et traiter ces effets secondaires tout au long du parcours de soins.
Oui, dans la majorité des cas, surtout lorsqu'il est diagnostiqué tôt. Le taux de survie à 5 ans est d'environ 78 % en France, et peut dépasser 90 % pour les stades précoces. La visibilité directe de la langue favorise une détection rapide, ce qui constitue un avantage important.
Oui, un cancer de la langue diagnostiqué à un stade avancé peut être fatal. Cependant, la majorité des patients pris en charge à un stade précoce guérissent grâce aux traitements disponibles, notamment la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.
Les premiers signes incluent une plaie qui ne cicatrise pas en 2 semaines, une tache blanche ou rouge persistante, une douleur ou gêne à la langue, des difficultés à avaler ou à parler, ou l'apparition d'un nodule. En l'absence de symptômes douloureux, une lésion visible suffit à justifier une consultation.
Oui, certaines souches du HPV, notamment le HPV 16, sont associées aux cancers de la cavité buccale et de la base de la langue. Ces cancers touchent souvent des patients plus jeunes, sans facteurs de risque alcool-tabac classiques, et répondent généralement bien aux traitements.
Oui, absolument. L'arrêt du tabac avant et pendant la radiothérapie est fortement recommandé. Il améliore l'efficacité du traitement, réduit les effets secondaires et diminue le risque de récidive. Votre équipe médicale peut vous accompagner dans cette démarche.
Le cancer de l’œsophage désigne une tumeur maligne qui touche les cellules situées dans l’œsophage,…